"Ce combat n'est pas seulement pour nous, c'est un combat
pour le pluralisme en France..."
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Conférence de
presse du 14 avril : Déclaration de François Bayrou (seul le prononcé fait foi) :
"Mesdames, Messieurs, Je vous remercie d'avoir accepté cette rencontre. J'ai
voulu vous dire quel est, à mes yeux, l'enjeu des semaines qui viennent pour le
Mouvement démocrate et de la manoeuvre qui est engagée autour de lui. Depuis
quelques jours, nous savons de manière certaine que des mouvements présentés
comme internes, la mise en cause de la ligne d'indépendance de notre mouvement,
n'avaient en réalité pas grand chose de spontané, qu'ils étaient dirigés et
agités de l'extérieur, et pour parler clairement, de l'Elysée. Je veux vous dire
ma réaction lorsque j'ai lu ces documents et les échos de presse nombreux qui
les précédaient et qui, tous, allaient dans le même sens. Je me suis dit qu'on
attendrait du président de la République, dans une telle période de crise
financière, économique, sociale, d'éducation, qu'il s'occupe de l'essentiel pour
le pays, et qu'il respecte tous ses concitoyens même s'ils ne sont pas d'accord
avec lui. Je me suis dit que l’intrigue, la déloyauté, le cynisme, ce n’était pas cela
qu’on attendait des gouvernants en démocratie, surtout de ceux qui articulant
une promesse illusoire, une de plus, affirmaient vouloir construire une
« démocratie exemplaire ». La manœuvre qui est préparée est d’une clarté
biblique, pour ne pas dire d’une assez grande naïveté. Nous en connaissons
désormais les tenants et les aboutissants. Elle consiste primo : à « cibler » un certain nombre d’élus en leur
promettant portefeuilles, galons et chamarrures, et à dresser ainsi les élus
contre la volonté d’indépendance des militants. Secundo : à essayer de déstabiliser le Mouvement démocrate en prétendant
qu’on pourrait dans un illusoire retour en arrière faire revivre l’UDF d’antan,
contre la décision solennelle de son congrès, en en faisant de nouveau l’allié
inconditionnel du parti majoritaire. Tertio : pour s’assurer de la manœuvre, que l’UDF serait attaquée dans son
patrimoine, le patrimoine dont elle est dépositaire comme association, qui a été
construit au fil du temps contre tous les assauts et toutes les menaces, sous ma
présidence exclusivement, avec l’arrière-pensée que l’on puisse par le même
moyen priver notre famille politique du financement public obtenu par ses
candidats. Quattro, enfin : que cette manœuvre conduirait à l’éclatement du Mouvement
démocrate, à un pseudo « parti du centre » de plus, un satellite de plus autour
de l’UMP, pour noyer la voix originale du Mouvement démocrate dans les sables
mouvants d’un centre inféodé. Le but étant d’obtenir le plus grand nombre
possible de faux centres de manière à faire croire qu’il n’en existe vraiment
aucun… Cette manœuvre s’accompagne, annonce -t-on ouvertement, d’un changement du
mode de scrutin pour les élections régionales, destiné, croient-ils, à nous
empêcher de trouver notre place dans cette élection. Cet ensemble de
manœuvres, je ne le laisserai pas se dérouler sans réagir. Car il y va d’un immense enjeu, d’un enjeu bien plus important que
l’existence d’un parti ou le combat d’un homme ou d’une équipe. Le but de cette manœuvre, c’est qu’il n’y ait pas en France de centre
indépendant, de courant démocrate pour offrir un choix nouveau à notre pays. Le fond de cette manœuvre, c’est de mettre un terme définitif au pluralisme
dans notre pays, en éliminant ceux qui lui résistent, et d’instaurer une fois
pour toutes le bipartisme à l’américaine, deux partis et deux seuls, avec
quelques satellites décoratifs pour sauver les apparences. Si cette manœuvre réussissait, cela voudrait dire que les Français seraient à
l’avenir condamnés à choisir à tous coups, entre l’UMP et le PS, l’UMP et ses
satellites et le PS et ses satellites. Il n’y aurait donc plus de recours pour tous ceux qui estiment qu’il peut
arriver, et qu’il arrive souvent, que l’UMP et le PS se trompent tous les
deux !... Il n’y aurait plus de solution, plus d’espoir, pour tous ceux qui pensent,
qui savent, qu’un grand pays moderne, avec sa complexité, dans les temps si
bouleversants , si bouleversés que nous vivons, ne peut pas avoir, pour son
avenir, le choix qu’entre deux options. Cela n'existe d'ailleurs dans aucun pays du monde. Le combat que nous allons conduire pour sauvegarder et garantir la pleine
indépendance, l’autonomie de pensée et de choix du Mouvement démocrate, ce
combat n’est pas seulement pour nous, c’est un combat pour le pluralisme en
France. De ce combat, j'en suis persuadé depuis longtemps, le jour où il aura été
conduit à son terme, d’autres courants politiques profiteront et ce sera un
bien. Et c’est d’autant plus important, cette défense du pluralisme, au moment de
l’histoire où nous sommes, au moment où le projet qui fut porté par Nicolas
Sarkozy révèle se révèle, dans son erreur de jugement, et souvent dans sa
mystification. Tout montre, je le dis avec gravité, que la France va dans le mur, avec une
dégradation parallèle et accélérée de la situation économique, financière et
sociale. Un certain nombre des fondamentaux qu'a choisis Nicolas Sarkozy sont
préoccupants pour notre pays. Je veux en citer quatre exemples, de désaccords profonds : Nous sommes en désaccord depuis le premier jour avec la politique qui a été
choisie pour les finances publiques de notre pays, qui a consisté à laisser
croire follement, pendant des mois, que l’équilibre se retrouverait par la
distribution d’argent facile, en particulier par des avantages fiscaux pour ceux
qui étaient déjà les plus favorisés. Cette politique de légèreté, en peu de
mois, a conduit à un déficit de dix milliards d’euros supérieur au déficit de
l’année précédente. Cette politique « keynésienne », ou pseudo-keynésienne, qui
est, disons-le en passant, traditionnellement, la politique même du parti
socialiste, va déboucher sur un accident économique et budgétaire sans précédent
car il n’y a plus de marge de manœuvre, et il n'y a plus de soupape
d'échappement. Nous sommes en désaccord avec les fausses promesses et nous craignons la
crise sociale qu’une telle déception peut entraîner. On a promis, pendant la
campagne présidentielle, à des Français qui l'ont cru, tout et le contraire de
tout : on a promis l’augmentation du pouvoir d’achat ; on a promis qu’on
rendrait aux Français 68 Milliards d’euros ; on a promis le Revenu de solidarité
active pour les plus pauvres ; on a promis des droits sociaux supplémentaires ;
on a promis que l’éducation serait la priorité de la nation. Aucune de ces
promesses n’a été respectée et aucune ne le sera car leur addition était en soi
intenable, comme je l'ai dit pendant la campagne présidentielle. Leur addition
était intenable étant donné la situation du pays. Mais on a appliqué la vieille
loi qu’on enseignait dans les Hauts-de-Seine : « les promesses n’engagent que
ceux qui les reçoivent ». Cet abus de promesses a nourri le risque d’une crise
sociale, la pauvreté gagnant, et les classes qu’on appelait hier moyennes étant
de plus en plus exposées, aussi bien aux franchises, qu’à l’augmentation des
produits de première nécessité comme le gaz, ou à un appel général aux
mutuelles. Je ne sais pas quelle forme peut prendre cette crise sociale, mais à
l’état endémique, cette crise sociale est le fond de l’humeur de notre pays. Nous sommes en désaccord avec ce que Nicolas Sarkozy a choisi de faire de la
fonction présidentielle. Et nous avons une tout autre idée de ce que doit être
le président de la République. Pour nous, le président de la République, c’est
l’homme de la nation et non pas l’homme d’un parti ou d’un clan. Il est pour
nous incompatible avec l’idée de la fonction d’imaginer que le président de la
République puisse, au vu et au su de tout le monde, présider au comité qui
organise la majorité. Cela veut dire qu’il est le représentant de ses partisans,
et non pas le représentant du pays tout entier. Or dans les mois et les années
qui viennent, plus que jamais, le pays a besoin d’un président qui soit
au-dessus des intérêts et des contingences des partis. Car les problèmes qui
viennent ,menacent la nation tout entière, dans sa substance, dans son tissu
social, dans son unité. C’est la fonction symbolique du président de la République qui est en jeu. Je
sais bien que nous sommes dans un temps où certains croient que « symbolique »
signifie « de peu d’importance ». Le ministre de la Défense a récemment déclaré
ainsi que vraiment le retour de la France dans le commandement intégré de l’OTAN
« était une affaire purement symbolique ». Or les peuples et les hommes, et tous
les temps sont là pour le confirmer, n’ont cessé d’éprouver que le symbolique
était au contraire essentiel, au sens le plus lourd du terme. C’est pourquoi , quatrième sujet de préoccupations urgent, nous nous battrons
de toutes nos forces pour persuader notre pays et l’ensemble des décideurs que
cette décision de faire rentrer la France dans la structure intégrée de l’OTAN
est une faute pour notre pays. C’est la perte d’un atout, symbolique et donc
décisif, pour son identité, pour sa voix singulière dans le monde et en Europe.
Depuis des décennies, et particulièrement durant ces dernières années, un
équilibre avait été trouvé qui répondait au double intérêt de notre pays : nous
étions des partenaires dans l’alliance atlantique, capables de participer chaque
fois que nous l’estimions juste et nécessaire, comme on l'a vu lors de la
première guerre du golfe, come on l'a vu dans les Balkans, comme on l'a vu en
Afghanistan. Mais nous affirmions en même temps notre singularité, notre
capacité de dire non, haut et fort, haut et clair, et le monde entier le savait,
le monde entier en tout cas l’a vérifié au moment du « non » retentissant que la
France de Jacques Chirac a opposé à la décision américaine d’envahir l’Irak.
C’est un abandon historique qui est en train de se préparer ici et le fait que
cet abandon soit, en effet, symbolique, s’entendra dans le monde entier et
chacun prendra acte de ce que la France est redevenue pays comme les autres. Et c’est grave pour le destin de l’Europe. Les choses étant aujourd’hui ce
qu’elles sont, c’est l’indépendance de la France qui garantissait l’authenticité
de l'indépendance de l’Europe. Différents, nous étions la quille du bateau.
Rentrés dans le rang, le bateau n’aura plus de quille : nous n’aurons plus les
moyens de nous opposer au conformisme de l’alignement. Il a été surabondamment
montré, ces dernières années, que les alliés les plus proches, les plus anciens
des Etats-Unis, les plus intimes, et Tony Blair au premier rang, n’avaient
aucune capacité d’influer dans les moments cruciaux sur les décisions de la
première puissance du monde. L’Europe n’a pas , pour nous, à solliciter la
permission d’exister. C’est le contraire. La volonté d’exister s’affirme, mais
ne se sollicite pas. Il est donc d’importance nationale que les
Français, quand ils auront constaté l’échec inéluctable de la majorité, ne
soient pas contraints, obligés de se livrer au Parti socialiste comme il est
aujourd’hui, et dont un certain nombre d’orientations méconnaissent et risquent
d’aggraver la réalité du pays. En tout cas, il est d’importance nationale que le moment venu, les Français
aient le choix. Qu’ils se voient offrir un choix réel entre des voies de recours
différentes. Il est d’importance nationale autrement dit, qu’une alternative démocratique
soit construite et présentée aux Français. La France, dans sa démocratie, dans sa gestion, dans ses priorités, dans sa
vie sociale, économique, dans sa vie internationale a besoin d’un autre projet
. Mais ce projet ne pourra être défini, porté et défendu que par un mouvement
politique assuré de lui-même, décidé à résister aux menaces et aux tentations,
où les élus sont en phase avec les adhérents et les militants, et où les
militants eux-mêmes sont cohérents. C’est pourquoi je conduirai sans faiblir la contre-attaque contre ces
manoeuvres. Si c’est d’un combat qu’il s’agit, ce combat, nous allons le
mener. J’ai décidé d’en appeler aux adhérents, aux militants et aux sympathisants du
Mouvement démocrate. C’est l’heure de la grande clarification pour échapper aux
tentatives de déstabilisation et pour construire un mouvement cohérent. Je le dis aux adhérents qui ont fait le Mouvement démocrate : c’est
maintenant à vous de vous exprimer. C’est votre détermination qui fera
tranquillement échec à toutes les manœuvres, d’où qu’elles viennent. Je vous
appelle à exprimer votre conviction, à prendre à votre tour les choses en
main. Je vais donc soumettre au suffrage des adhérents, dans une consultation à
laquelle chacun sera associé, un texte d’orientation qui ne laissera aucune
place à l’ambiguïté. Et j’invite tout dirigeant qui ne serait pas d’accord avec
la ligne d’indépendance que je défends à soumettre sa propre motion aux
adhérents. Alors nous compterons les soutiens. C’est maintenant, devant nos
adhérents et militants que tout débat doit être conduit et tranché. Cette clarification devra être accomplie avant l’été pour que cessent les
manœuvres de déstabilisation. Le 26 avril devant ceux qui ont porté nos couleurs
aux élections municipales, le 14 mai devant notre conseil national, nous
fixerons les conditions de cette consultation en même temps que le calendrier et
les conditions de l’élection de nos instances locales. Pour moi, les choses sont claires : je n’accepterai plus ni manœuvres
internes, ni déstabilisation externe, ni le bazar. C’est vers nos adhérents que
je me tourne. Il faut leur exposer clairement et nous le ferons, les données de
la situation. Et il faut leur faire confiance pour trancher, pour fixer une fois
pour toutes le cap et les règles, et donc le destin, de notre mouvement."
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"Priorité au projet et à
l'organisation du MoDem"
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27 mars 2008. Le Bureau Exécutif du Mouvement Démocrate a décidé mercredi soir de
donner la "priorité au projet et à l'organisation" du parti créé dans la foulée
de la présidentielle, avec un premier Conseil National le 14 mai. "La priorité
est au projet et à l'organisation", a déclaré François Bayrou à l'issue de la
première réunion des instances nationales depuis les élections municipales. Une
réunion des candidats et des élus du MoDem aux municipales aura lieu le 26 avril
à Paris. Elle sera suivie d'un Conseil National le 14 mai, qui sera chargé de
ratifier un règlement intérieur pour l'organisation des mouvements
départementaux. Des représentants de l'exécutif, dont François Bayrou, iront à
partir de la semaine prochaine dans tous les départements pour faire la
radiographie des attentes et parler avec chacun du bilan des élections
municipales. Le Bureau Exécutif du Modem, composé d'une trentaine de membres, a tiré un
premier bilan de ces élections et a relevé le score moyen de 15,9% du premier
tour par les 350 listes autonomes du Modem dans les villes de plus de 10.000
habitants, avec des pointes entre 16% et 32% dans plusieurs villes. Le MoDem a
gagné 34 villes de plus de 10.000 habitants, 15 au premier tour et 19 au
deuxième, et y a recensé près de 1100 élus, un bilan jugé positif. François
Bayrou reconnait une "difficulté de communication" autour du "choix stratégique
fondamental du MoDem", qui considère que le "centre indépendant peut parler
avec les deux acteurs politiques principaux". Les alliances au cas par cas
conclues par le MoDem entre les deux tours, tantôt avec l'UMP tantôt avec le PS,
avaient en effet suscité de sévères critiques. "Alors que l'idée de pouvoir
dépasser les frontières marque des points dans l'opinion, au deuxième tour il y
a de nouveau une crispation sur le droite-gauche, qui a été une difficulté
pour nous", a-t-il reconnu. Mais il a estimé que "l'horizon électoral" était
désormais plus favorable, avec les élections européennes (2009) à la
proportionnelle. La proposition du Premier ministre François Fillon de
modifier le mode de scrutin aux régionales constitue par ailleurs une "ouverture
possible". "Nous avons maintenant du temps pour organiser le mouvement et mettre
à jour le projet qui doit être créatif, durable et humaniste. la France a besoin
d'un choix politique indépendant et construit." Le Bureau Exécutif du MoDem
a relevé l'impasse des projets PS et UMP, l'un et l'autre loin des attentes des
Français.
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2 décembre 2007 Discours de clôture du congrès fondateur du Mouvement démocrate Je
suis très frappé par le Congrès fondateur que nous avons eu et je suis très
frappé par le changement que nous assumons ensemble. Il y a longtemps que je
voulais et que je rêvais d'un changement profond dans la désignation de cette
famille politique qui, jusqu'à maintenant, était uniquement qualifiée de centre
ou de centriste. J'ai toujours trouvé que centriste, cela rimait avec triste et
j'ai toujours préféré dire centrale, mais il me semblait depuis longtemps que
l'enjeu c'était que l'on ne nous désigne plus par une définition géographique,
par référence à la droite et à la gauche, mais que l'on nous désigne par notre
identité.
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2 décembre 2007 "Rassemblement, renouvellement, refondation démocratique." Après plus de quatre heures de débats sur
les statuts du Mouvement Démocrate et des profondes discussions sur les
amendements, le Congrès fondateur du Mouvement Démocrate a voté ses statuts.
François Bayrou a alors pris la parole pour donner les grands axes de sa
candidature à la présidence du Mouvement Démocrate : "Je crois à une société
dans laquelle naisse des légitimité multiples, qui a l'état comme partenaire,
comme fédérateur et s'il le faut comme inspirateur" ajoutant : "Les trois axes
du mouvement que nous construisons ensemble : rassemblement, renouvellement,
refondation démocratique."
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1 décembre 2007 Adoption
des statuts du Mouvement Démocrate Après quatre heures et six minutes de débats ininterrompus, le
congrès adopte les statuts à l'unanimité moins 2 voix contre et 2 abstentions. Sur 83 amendements (Voir la discussion amendement par
amendement), 13 ont été présentés par la délégation de la Haute-Savoie. Il s'agit des amendements concernant le Préambule, les articles 1 (Fondation), 2 (Objet), 4 et 4 bis (L'adhérent), 5 (Recettes), 7 (Le congrès), 8 (La conférence nationale), 9 (Le Bureau exécutif national), 12 (Le trésorier), 13 (Le Comité de Conciliation et de Contrôle) , 14 (Le Conseil stratégique), 14 bis (le Conseil de la Communication et des Médias) et 15 (Mouvements départementaux). Les rapporteurs, Jean Caron, Pierrette Caron et Claude Mauriange, sont fiers d'avoir porté le travail des militants de la Haute-Savoie. C'est l'aboutissement, depuis le mois de juillet, de dizaines de réunions et de centaines d'heures de travail, merci à tous ceux qui ont participé.
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18.06.07 Marielle de Sarnez au journal de 13 heures sur France
Inter Notre parole sera forte à l’Assemblée
Invitée du journal de 13 heures de France Inter, Marielle de Sarnez est
revenue sur les résultats du second tour des législatives. Elle a souligné que
près de la moitié des Français n’étaient pas représentés à l’Assemblée à cause
de notre mode de scrutin. Marielle de Sarnez a expliqué que les députés du
Mouvement Démocrate seront leurs porte-parole. Marielle de Sarnez a constaté que les citoyens s’étaient tournés vers le
pluralisme en ne donnant pas une large victoire à l’UMP. Elle attribue le reflux
de la majorité présidentielle à une certaine « arrogance » de la part de l’UMP :
Marielle de Sarnez considère en effet que la droite s’est comportée comme si
elle avait reçu du peuple, un chèque en blanc de cinq ans et que son projet ne
pouvait pas évoluer. « C’est une conception de la politique très archaïque » a
jugé la députée européenne Selon plusieurs observateurs politiques, les électeurs du Mouvement Démocrate
(MoDem) se seraient en majorité reportés sur les candidats de gauche au second
tour. Marielle de Sarnez n’a pas confirmé l’analyse : elle a rappelé qu’elle
n’avait pas donné de consignes de vote dans sa circonscription où Yves Cochet
(Les Verts) a battu Nicole Guedj de l’UMP. D’ailleurs, elle ne croit pas que ce
genre de consigne fonctionne. Elle considère que les citoyens sont libres,
indépendants, autonomes : ils sont suffisamment formés et informés pour se faire
une opinion par eux-mêmes. Marielle de Sarnez a de nouveau remis en cause le mode de scrutin majoritaire
qui conduit à ce que près de 50% des Français ne soient pas représentés à
l’Assemblée nationale. Or le Parlement est normalement le lieu où l’on fait la
loi et où on contrôle l’exécutif, ce qui selon elle, n’est plus le cas depuis
bien longtemps. Elle souhaite ainsi qu’une réflexion s’engage pour que toute les
sensibilités et courants politiques soient représentés au Parlement comme c’est
le cas dans la quasi-totalité des pays européens qui nous entourent. « Il faut
de la proportionnelle » a insisté Marielle de Sarnez. En attendant toute modification de la loi électorale, elle a estimé que les
députés du Mouvement démocrate avaient une parole et auront une voix forte dans
l’hémicycle. Elle considère, en outre, que la vie politique ne se fait pas
seulement au Parlement : « Ce qui compte, c’est la qualité du lien avec les
Français ». Elle a assuré que le MoDem allait continuer à dialoguer et discuter
avec les citoyens. Nous serons les « porte-parole » de ces Français qui ne sont
pas représentés.
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17 juin 2007 François Bayrou : Un résultat
très prometteur qui nous engage pour l’avenir
La déclaration de François Bayrou : « Mesdames et
messieurs, mes chers amis, Nous sommes très heureux Pierre Menjucq et moi
de vous dire ce que vous savez, c’est-à-dire que les électeurs de cette
circonscription béarnaise nous ont réélus, et réélus avec plus de 61% des voix.
Cela nous fait un immense plaisir. Mais je dois vous dire que ce qui me fait le
plus grand plaisir encore, c’est la victoire de Jean Lassalle… dans une
triangulaire qui était extraordinairement difficile et qui était faite pour le
piéger. Il a augmenté, entre les deux tours, ses voix de plus de 30%. D’autres
succès encore pour le MoDem : un député nouveau à Mayotte, dans la lointaine
Mayotte... Un député nouveau en Ille-et-Vilaine qui s’appelle Thierry Benoît. Et
nous attendons le résultat du Val-de-Marne, de Jean-Marie Cavada… On ne sait pas
encore. Cela veut dire que sur six circonscriptions où le Mouvement Démocrate
était au deuxième tour, quatre ont déjà été remportées. Ce qui veut dire que ce
chemin politique que nous avons tracé, il existe et les électeurs sont prêts à
le choisir pourvu au moins que le mode de scrutin leur laisse le
choix. C’est un résultat très chaleureux et très amical. Et c’est un
résultat très prometteur qui nous engage pour l’avenir. Il nous engage à deux
choses principales. La première : nous allons représenter à l’Assemblée
nationale, tout ceux qui en sont injustement écartés. Qui ont leur place et à
qui le mode de scrutin ne donne pas la représentation à laquelle auraient droit
tous les citoyens français. Nous allons représenter ce pluralisme et cette
diversité pour trouver un jour un meilleur équilibre dans notre pays. Nous
allons défendre nos concitoyens. Et les défendre avec cette liberté d’esprit et
liberté de ton qui consistent à pouvoir approuver quand on considère que c’est
juste, et au contraire, à désapprouver et à s’opposer quand on considère que les
choses sont injustes ou vont dans la mauvaise direction. C’est notre premier
engagement : nous allons représenter la diversité des citoyens à l’Assemblée
nationale. Deuxièmement, nous allons construire ce grand courant
politique dont la France a besoin. Le Mouvement Démocrate dans lequel des
dizaines et dizaines de milliers de Français se sont déjà engagés. On voit ce
soir qu’il peut gagner y compris au scrutin majoritaire. Il gagnera d’autant
mieux quand les scrutins seront plus justes. Tous les rendez-vous électoraux qui
sont devant nous, sont désormais des rendez-vous pour le Mouvement Démocrate,
pour le MoDem, des rendez-vous avec les Français pour reconstruire une
démocratie française qui soit vivante, diverse, créative plus enrichissante que
ne l’est le simple combat d’un camp contre l’autre dont je crois, moi, que les
Français vérifieront dans les années qui viennent qu’il est largement à dépasser
pour que la France trouve un nouveau chemin politique. A tous, je veux
vous dire merci ».
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Le Mouvement démocrate propulsera une génération politique
nouvelle !
François Bayrou au
Zénith de Paris le 24 mai 2007
"Mes chers amis,
C’est un moment de fondation.
Puis-je vous avouer quelque chose ? Qu’en quelques jours 75 000 personnes, c’est
le chiffre à cette heure-ci, aient décidé de rejoindre notre mouvement démocrate
en formation, j’en ai été le premier surpris. Sans campagne de publicité, sans
dépenser un centime d’euro, simplement par la seule force d’une évidence, par
dizaines de milliers, cette vague d’adhésions, elle veut dire quelque chose de
très important pour la France.
Elle veut dire d’abord
qu’il y a au sein de notre peuple une immense attente. C’est une attente de
citoyens conscients, que l’on n’est pas allé chercher, qui sont venus librement.
C’est une attente d’engagement, dans un mouvement dont ils attendent qu’il
rénove et qu’il refonde les comportements politiques. C’est une attente civique
et c’est une attente morale. Ces dizaines de milliers de femmes et d’hommes,
généralement de jeunes actifs, ils ne viennent pas pour des avantages : ils ne
viennent pas pour recevoir, ils viennent pour donner !
Ils viennent parce
qu’ils ont entendu que nous n’allions pas retomber dans les travers du passé.
Ils viennent parce que nous refusons toute forme de soumission. Ils viennent
parce que nous voulons construire. Ils viennent parce qu’ils ont une certaine
idée de l’engagement, une idée de citoyens actifs qui ont décidé de s’occuper
eux-mêmes de leur propre avenir.
Ils ne viennent pas pour une seule
élection, ils viennent pour longtemps, avec une immense exigence, et à cette
exigence je ne manquerai pas, aucun d’entre nous ne manquera.
Je dis
aucun d’entre nous : car ce n’est pas une œuvre solitaire qui commence. J’ai
voulu ce nouveau mouvement, mais il n’est pas le mien. Je le porterai avec une
équipe. L’élection présidentielle, c’est forcément l’histoire d’un homme ou
d’une femme face à un peuple. Un mouvement, c’est au contraire une communauté
humaine.
Et c’est une communauté qui bien souvent traverse le temps. Je
sais quelle somme d’enthousiasme il y a dans cette salle parmi les nouveaux
adhérents. Mais je sais aussi quelle somme de fidélité de la part des milliers
et des milliers de militants confirmés et engagés qui ont accepté cette nouvelle
aventure, marchant toujours dans le même sens, celui d’un centre fort, devenu
enfin indépendant. Je vois leurs visages, je leur dis mon affection.
Et
je le dis d’autant plus que le plus grand nombre de nos députés sortants a
décidé de se ranger dans la majorité présidentielle. Pourquoi ne pas le dire ?
Pour moi, affectivement, comme politiquement, ces moments n’ont pas été des
moments faciles…
Je n’articulerai pas un mot contre les personnes. Je ne
veux rien de bas dans notre histoire qui commence. Je sais deux choses : la
première, c’est que les ralliements ne réussissent jamais. Je connais assez bien
notre histoire politique : jamais les ralliements n’ont préparé de grandes
choses. Les ralliements, les changements de camp, préparent toujours des
déceptions et des disparitions. Et je sais une deuxième chose : ceux qui
parviennent à changer le monde, à marquer leur temps, ce ne sont jamais ceux qui
cèdent aux pressions et aux tentations ou à la crainte, ceux qui y parviennent,
ce sont ceux qui ne cèdent pas.
J’ai bien entendu les commentaires : avec
ces ralliements, au fond, Nicolas Sarkozy prend l’idée de Bayrou. Super ! c’est
bien joué ! Il se trouve que le ralliement n’a jamais été mon idée. Mon idée,
c’est le rassemblement. L’apparence est la même, mais au fond, c’est à dire
exactement le contraire. Le ralliement, ça se fait après, comme un bon coup
justement. Le rassemblement, ça s’annonce avant, non pas comme un coup, mais
comme un projet pour le pays. Le ralliement, ça se met en scène comme un coup de
théâtre, le rassemblement, c’est un esprit. Ça consiste à dire : le pays a de si
grands problèmes que nous devons être capables de nous asseoir autour de la
table pour les identifier et si nous pouvons nous mettre d’accord sur des
réponses, alors nous appliquerons ces réponses ensemble.
Le ralliement,
ça ne marche jamais, ce qui marche, c’est le rassemblement. Derrière le
ralliement, il y a le désenchantement, et puis l’effacement. Derrière le
rassemblement, il y a le courage et le succès.
Ces moments difficiles,
ils sont de toutes les époques. Je vais évoquer le visage de quelqu’un qui est
un homme de l’histoire, auquel on ne se compare pas, mais à l’enseignement de
qui on peut réfléchir. C’est du général de Gaulle qu’il s’agit. En 1951, de
Gaulle avait réussi à constituer un groupe parlementaire fort de plus de 100
députés. Et voilà qu’en quelques mois, lui qui proposait un chemin nouveau, avec
une vision de l’histoire et de son pays, voilà que les tentations du jeu
parlementaire, ses craintes et ses attraits, ont fait, que presque tous ses
députés ont rejoint le pouvoir de l’époque. Et alors, au mois de juillet 1952,
devant une nouvelle vague de démissions de députés, lors du conseil national du
mouvement gaulliste qui affrontait cette situation choquante, Malraux s’est
levé. Et il a prononcé un discours. Et il a dit ceci : « Si un certain nombre de
parlementaires vous abandonnent, c’est dommage. C’est un incident. Mais si vous
abandonnez une idée, l’idée dont vous avez vécu, ce n’est pas un incident. C’est
un suicide. »
Je ne renoncerai pas à l’idée qui a regroupé autour de moi
l’immense armée de sept millions de Français de tout âge et de toute
condition. Cette idée est celle-ci : l’état du pays exige que nous changions
radicalement l’action politique, que nous tournions le dos aux divisions pour
bâtir des majorités larges autour d’une volonté politique qui ne sera plus celle
d’un seul camp ou d’un seul parti. L’état du pays exige que nous changions
nos institutions pour que chaque citoyen sache qu’on lui dit la vérité et soit
sûr qu’il va être respecté et pris en compte. L’état du pays, son angoisse,
exige que nous ayons un nouveau projet de société qui ne sera pas celui de
l’argent roi, du matérialisme intégral, mais celui d’un humanisme nouveau pour
le temps de la mondialisation.
Il s’en est fallu d’assez peu, mais ce
n’est pas ce chemin que les Français ont choisi. Je n’ai aucun doute sur le
fait que la réalité sera éclairante et pédagogue et que ces convictions, cette
réflexion que nous avons défendues reviendront dans quelques mois au premier
plan.
Mais pour la période qui s’ouvre, j’ai en tête une seule question,
qui m’obsède : qui défendra les Français ?
Qui défendra les citoyens, les
femmes et les hommes de la vie de tous les jours, face à cette immense
entreprise de communication, pris dans le ballet jamais achevé des promesses,
sur tout sujet, dans la sarabande effrénée des images, des annonces… Qui
défendra ces citoyens et ces familles, qui, occupés dans leur travail, ou dans
leur recherche de travail n’arrivent plus à suivre ?
Qui se lèvera pour
parler pour eux ?
Qui défendra les Français ? Qui leur dira la vérité
?
L’UMP va avoir tous les pouvoirs en France, toutes les majorités,
toutes les situations d’influence, tous les leviers de commande, plus qu’aucun
parti n’en a jamais eu depuis que la République est la République. C’était déjà
vrai depuis 2002 pour tous les leviers de commande politiques. Mais en 2007, on
ajoute à la totalité du pouvoir politique la force considérable de grands
groupes industriels et la proximité affichée avec les plus grands groupes de
médias. La nomination à la tête de TF1, annoncée par l’Elysée, et non pas par
l’entreprise, de l’un des plus proches collaborateurs de Nicolas Sarkozy, sans
aucune expérience préalable dans l’audiovisuel, est une illustration de plus de
ce mouvement qui est en cours, au vu et au su de tout le monde.
Cela, ce
n’est plus une question pour les intellectuels, pour les puristes, c’est une
question pour les républicains ! Pour tous les républicains ! C’est une question
pour les démocrates, et c’est une question pour les libéraux ! Si nous ne
parlons pas pour défendre le droit des citoyens au pluralisme, qui le fera ?
Nous voulons une presse, des radios et des télévisions libres et non
inféodées ! Nous en avons besoin pour nous et pour nos familles ! Nous ne
voulons pas que nos organes d’information soient soumis à ces influences ! Et
nous ne voulons même pas être conduits à soupçonner, tout le temps, tous les
jours, que de pareilles influences puissent jouer ! C’est un drame pour une
société démocratique quand la confiance envers les médias est atteinte. Et
je pense aux journalistes, à leur vie de tous les jours : comment exercer le dur
métier de journaliste avec ce type de craintes, sous ce type de contraintes, et
même seulement avec le soupçon de ce genre d’influences ?
Nous, notre
devoir et notre vocation, c’est de défendre les Français ! Défendre les
Français : je veux préciser ce que cela signifie pour moi. C’est le contraire du
jeu politique habituel, qui fait que les uns votent systématiquement pour, et
les autres systématiquement contre. Défendre les Français, au contraire, c’est
être capables de dire oui quand les décisions sont justes, vont dans la bonne
direction ; c’est être capables de dire non et de se battre quand elles menacent
d’être injustes ou d’aller dans la mauvaise direction.
Dans l’actualité
des jours que nous vivons, je veux prendre quelques exemples. J’approuve
l’évolution de Nicolas Sarkozy quand il défend désormais non plus un mini-traité
mais un traité simplifié en matière européenne. Je pense qu’il est possible de
trouver un texte institutionnel qui reprenne les grands principes démocratiques
qui inspiraient le texte de la constitution, d’en faire un texte simple,
lisible, compréhensible. Nous aurons sans doute des débats, quand ce texte sera
adopté, sur la manière de le ratifier. Mais dans le travail qu’il va falloir
faire, et qui ne va pas être facile, pour convaincre nos partenaires européens,
spécialement ceux qui ont déjà ratifié le traité constitutionnel, j’estime qu’il
faut dire que les premiers pas vont dans la bonne direction. En revanche,
j’ai au moins deux motifs d’inquiétude. L’annonce par François Fillon de la
mise en place d’une « franchise » en matière de soins médicaux est un motif de
grave souci pour beaucoup de familles. Nicolas Sarkozy défend cette idée depuis
des années : il s’agit de ne pas rembourser, sous quelque forme que ce soit, les
premières dépenses de santé de l’année, jusqu’au montant fixé de cette
franchise. Le montant qui a été évoqué quand cette idée a été avancée est de 75
€. Je veux vous dire ceci : il y a bien sûr des familles pour qui 75 € c’est peu
de chose. Mais il y a des familles pour qui 75 €, c’est beaucoup d’argent ! Il y
a beaucoup de familles qui calculent leur budget à l’euro près. Et pas seulement
parmi les pauvres. Parmi ceux qui travaillent et qui n’ont pas un gros salaire,
parmi les femmes seules avec leurs enfants. Ceux-là, comment font-ils s’ils sont
malades, s’ils doivent avouer au médecin qu’ils n’ont pas de quoi le payer ? Je
vais vous dire ce que je crois : pour beaucoup d’entre eux, ils baisseront la
tête, et ils renonceront à voir le médecin. Et c’est dangereux pour eux, et ce
n’est pas digne de la France… Et d’ailleurs cela ne fera pas les économies que
l’on croit, parce que ce ne sont pas ces familles-là qui grèvent le budget de la
sécu ! Et il est dangereux d’avoir annoncé hier qu’on allait mettre désormais
entre parenthèses la lutte contre les déficits et la dette, que le gouvernement
annonçait autrement dit que le déficit allait recommencer à filer, puisqu’on
financerait à crédit les cadeaux fiscaux qu’on allait faire évidemment en
direction des plus favorisés. Grâce à beaucoup de contributions, grâce aux
rapports de Michel Camdessus et de Michel Pébereau, et grâce à la campagne que
nous avons menée, la France a –enfin !- réussi à regarder en face le problème de
son déficit et de sa dette. C’est devenu un problème pour les citoyens et
c’était une des conséquences les plus heureuses de la campagne présidentielle.
Et tout ce bénéfice civique, on va le perdre, et de nouveau pour les Français le
déficit et la dette seront des problèmes accessoires, théoriques, dont on peut
parfaitement ne pas s’occuper. J’ajoute ne vois pas en quoi les cadeaux
fiscaux envisagés sont susceptibles de relancer significativement l’activité
économique et produire la croissance attendue. Mais je vois bien, quand on
se réveillera, combien le réveil risque d’être difficile et combien davantage il
faudra d’efforts et de sacrifices.
Je suis frappé de cela : il est des
sujets que personne d’autre que nous ne défendra. Je viens de parler de la dette
publique. Qui se battra pour que la politique de développement économique
n’accentue pas les inégalités ? Qui se battra pour les solidarités contre les
individualismes ou les communautarismes ? Qui fera des valeurs humanistes la
pierre de fondation d’un projet de société ? Qui exigera la réforme de nos
institutions et en particulier un scrutin juste qui reconnaisse à sept millions
de citoyens le droit d’être équitablement représentés à l’Assemblée nationale ?
Qui se battra pour une Europe politique qui porte des valeurs et pas seulement
des intérêts ?
Cette vigilance, cette volonté de défendre les
Français, de s’engager et de soutenir quand l’action gouvernementale sera bien
inspirée, de faire barrage quand ce sera le contraire, voilà la marque
distinctive des candidats du Mouvement démocrate. Je suis très fier de leur
engagement. C’est une vraie armée de volontaires qui s’est levée, qui travaille
sur le terrain, qui propose. Ils sont des centaines, et il a été parfois
difficile de faire un choix. Pour la plupart ils sont jeunes, ils ont un
parcours professionnel, ils sont enthousiastes, ils aspirent à défendre les
Français, nos concitoyens. Ils sont l’avant-garde de tous ceux qui nous
rejoignent.
Ils livrent là pour beaucoup leur premier combat. Mais ce
combat sera suivi de bien d’autres, plus faciles, plus encourageants. Car dès
l’année prochaine, dans dix mois, viennent les municipales, véritable occasion
de reprendre à la base l’enracinement de terrain, avec des femmes et des hommes
jeunes, nouveaux, dans toutes les communes françaises, une véritable ruche pour
l’activité civique, pour des personnalités engagées. Puis viendront les
régionales et les européennes avec un mode de scrutin pluraliste. Nous avons
commencé une longue marche, et cette marche, pour moi, elle est
enthousiasmante.
Ce sont les premiers pas d’une marche. Sept millions de
Français ont montré qu’il attendaient et voulaient une autre offre politique.
Plus de 70 000 ont déjà manifesté explicitement leur intention de construire
cette offre. Ce mouvement ne s’arrêtera pas.
Le vrai enjeu de ce
mouvement, c’est le pluralisme. C’est que les citoyens aient des voix
différentes pour parler en leur nom.
Ce n’est pas un mouvement pour la
confiscation du pouvoir. C’est un mouvement pour construire un nouveau monde,
une démocratie nouvelle. C’est un mouvement tout entier tourné vers la
responsabilité du citoyen, vers la responsabilité active du citoyen
actif.
Le citoyen n’est pas un consommateur. C’est un producteur,
d’idées, de convictions, d’engagement, de solidarité.
C’est pourquoi
j’ai annoncé que nous prendrions les semaines nécessaires pour écrire ensemble,
non pas seulement pour écrire, mais pour penser, pour inventer, les statuts, les
règles de fonctionnement de ce mouvement nouveau.
Je voudrais en quelques
mots tracer devant vous les principes qui me paraissent devoir être ceux de
notre mouvement démocrate.
Premier principe : Le Mouvement démocrate est
un mouvement de citoyens actifs. On n’y adhère pas pour seulement pour soutenir,
pour être des supporters, mais pour participer à la mesure de ses forces et de
sa disponibilité, pour construire des idées, un programme, des équipes.
Le second principe est un principe éthique. Je souhaite que nous
écrivions une charte éthique qui nous engage. Ce qui m’a frappé dans les récents
changements de camp aussi bien dans les rangs socialistes que dans les nôtres,
ce ne sont pas les destins individuels, c’est la tristesse des citoyens qui
avaient fait confiance à leurs responsables, devenus leurs amis, devenus une
partie de leur famille. Les Français ont le sentiment que les politiques ne
respectent pas les règles élémentaires de comportement que chacun des citoyens
se voit imposer dans sa vie. Pour bien des responsables politiques,
l’engagement, c’est une carrière. Pour les citoyens, pour les militants engagés
ou de cœur, c’est de la vie donnée, gratuitement, donnée à sa cité comme on la
donne à ses enfants. Cela mérite d’être respecté. C’est pourquoi je veux une
charte éthique à l’intérieur de notre mouvement démocrate qui indiquera quelle
est la nature de l’engagement de l’adhérent, du responsable, du candidat et de
l’élu du mouvement par rapport à ceux qui lui ont fait
confiance.
Troisième principe : nous donnerons un sens plein et entier à
l’idée de démocratie. La démocratie, cela ne peut pas être seulement
l’attribution du pouvoir par le vote. La démocratie, c’est aussi la
responsabilité des citoyens entre les votes. Pour que le citoyen soit
responsable, il faut qu’il soit associé et informé, qu’on lui laisse le temps de
réfléchir, qu’on lui donne les moyens de peser sur la décision que l’on prend en
son nom. Je fais une grande différence entre « information », « réflexion » et «
communication ». Car il y a des politiques de communication qui ont pour seul
objet, en fait, d’empêcher l’information et la réflexion, de détourner
l’attention de l’essentiel vers l’accessoire. Et cela, ce sont les
institutions qui le garantissent. Voilà pourquoi le mouvement démocrate défendra
les principes d’une réforme profonde de nos institutions républicaines, dont les
piliers seront la séparation des pouvoirs, à l’intérieur du pouvoir politique,
et aussi entre le pouvoir politique, le pouvoir économique et le pouvoir
médiatique. Nous défendrons le respect du pluralisme et la qualité de
l’information et du débat public. Nous défendrons donc une loi électorale juste,
celle qui existe partout en Europe, du Nord au Sud et d’Est en Ouest, et qui
garantit à toutes les grandes sensibilités démocratiques leur droit à
l’expression et à la représentation.
Quatrième principe : L’action du
Mouvement démocrate sera fondée sur la vérité, en matière économique, comme en
matière sociale. Pour moi, dans un projet de société, notamment dans le monde de
l’économie et du social, il n’y a d’idéal que dans le réel. L’idéal ne doit pas
être du domaine du virtuel, ce n’est pas une idéologie, il doit s’incarner et
s’enraciner. C’est pourquoi nous associerons à notre action des chercheurs, des
universitaires, des économistes, des sociologues avec qui nous confronterons, à
intervalles réguliers, nos intuitions et nos réflexions.
Cinquième
principe : il faut penser l’avenir. J’ai été frappé, vivant cette campagne
présidentielle de l’intérieur, de l’absence des intellectuels. Excepté sur le
registre de la transgression, lorsqu’ils changeaient de bord, et
particulièrement sur le registre de la transgression nationaliste, dont on verra
qu’elle est sans avenir. Nous avons besoin de retrouver l’enracinement
intellectuel de l’action politique. J’ai employé à dessein l’expression «
enracinement intellectuel », car le monde intellectuel s’appauvrit quand il se
sépare de la réalité sociale. C’est pourquoi le Modem se fixe pour objectif de
faire partager la réflexion sur l’avenir à l’ensemble du champ social,
universitaires et intellectuels, créateurs et interprètes dans le monde de la
culture, artistes et savants, ouvriers, techniciens, salariés, agriculteurs,
étudiants, artisans et entrepreneurs, retraités ou passagers sans bagage dans
notre société. Pour cela, il est vrai qu’Internet est un formidable outil auquel
nous voulons réfléchir et par lequel nous voulons travailler.
Sixième
principe : Le principe du Mouvement démocrate est le rassemblement. Le Modem
affirme que chaque fois que quelque chose d’essentiel est en jeu pour la nation,
il est prêt à travailler avec toutes les forces démocratiques du pays. Et chaque
fois que l’on abordera l’action de proximité, la démocratie locale, il est prêt
à faire naître de larges rassemblements. Dans le champ de la démocratie, nous
n’avons pas d’ennemis. Nous considérons que l’affrontement entre la droite et la
gauche, cette grille de lecture du siècle passé, ne permet plus de résoudre les
problèmes de notre temps. Nous sommes particulièrement heureux de trouver dans
nos rangs des femmes et des hommes qui viennent de camps différents et de
parcours politique différents. Pour nous, c’est un
enrichissement.
Septième principe : le but principal du Mouvement
démocrate sera la naissance et la promotion d’une génération politique nouvelle.
La vie a fait que nous avons été en grande partie, privés de notables. Il faut
faire de cet accident une force. L’accueil, la détection, le repérage, la
formation, l’entraînement de cette génération politique nouvelle est un
magnifique défi, que nous sommes les seuls, par la force des choses, les seuls
désormais à pouvoir relever.
Je veux vous dire ma conviction : ce
mouvement nouveau, ce mouvement démocrate, il est tout neuf et il a des atouts
sans précédent. Des millions de Français l’attendent. Ils ont envie d’un
mouvement positif, qui change les visages et les pratiques, qui ne soit pas
sectaire, mais qui propose. Ce mouvement est le seul, dans la législature qui
vient, qui pourra les défendre, avec courage et avec liberté. Tout est à
construire, et comme vous êtes là, vous et les centaines de milliers que vous
représentez, alors le combat, forcément, est gagné. On ne le voit pas encore,
comme on ne voit pas le soleil quand l’aube approche. Mais ce combat là, ce
combat, est gagné !"
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François Bayrou au Conseil national le 10 mai 2007 à Paris : "Le mouvement démocrate sera le parti de la liberté !" Je vous demande d'accueillir à cette tribune Michel Mercier, président du groupe
UDF au Sénat, Jacqueline Gourault, présidente des élus démocrates, et
Marielle de Sarnez, responsable du groupe de l'UDF au Parlement européen,
Didier Bariani, responsable des statuts, Anne-Marie Comparini, députée du Rhône,
Gérard Vignoble, député du Nord, Gille Artigues, député de la Loire,
Jean Lassale, député des Pyrénées-Atlantiques. Je vous demande également de saluer la présence de Corinne
Lepage. Ma gratitude et mes excuses iront, en premier lieu, à tous
ceux, très nombreux, qui n'ont pas pu entrer dans cette salle pour des raisons
de sécurité, à qui j'adresse mon salut et que je voudrais vous demander
d'applaudir. Ma gratitude va, ensuite, à vous qui avez pris sur une journée
de travail pour venir participer, prendre votre part de ce Conseil national et
des orientations qu'il arrêtera. Je vous remercie aussi de votre présence. Ma gratitude va aux élus qui ont pris une part si importante
dans cette campagne électorale et je veux remercier, après les présidents de
groupe que j'ai cités, qui sont à la tribune, et les députés que j'ai cités, qui
sont aussi à la tribune, Jean Arthuis, président de la Commission des finances
du Sénat, Nicolas About, président de la Commission des affaires sociales du
Sénat, Claude Piray, sénateur de la Meuse, Muguette Dini, sénateur du Rhône. Je me lance dans un exercice extrêmement périlleux, car, si
j'en oublie, on me coupe la tête ! Je cite ceux que j'ai vus ! Françoise Ferat, sénatrice de la Marne, Jean-Jacques Jégou,
sénateur du Val-de-Marne, Adrien Giraud, sénateur de Mayotte, Philippe Arnaud,
sénateur de Charente, Philippe Nogrix, sénateur d'Ille-et-Vilaine,
Yves Détraigne, sénateur de la Marne, Daniel Soulage, sénateur
du Lot-et-Garonne, Jean-Marie Vanlerenberghe, sénateur du Pas-de-Calais,
François Zocchetto, sénateur de Mayenne, Denis Badré, infatigable sénateur des
Hauts-de-Seine, Christian Gaudin,sénateur du Maine-et-Loire, Catherine Morin
Desailly, sénatrice de Seine-Maritime, Marcel Deneux, sénateur de la Somme. Je veux également saluer les députés européens Jean-Marie
Cavada, député européen, Claire Gibault, députée européenne, Nathalie Griesbeck,
députée européenne, Anne Lapérrouze, députée européenne et future députée du
Tarn, Philippe Morillon, député européen, Thierry Cornillet, député européen,
Bernard Lehideux, député européen. Si j'en ai oublié, ils me le pardonneront ! Ce n'est pas le
cas, tout est bien. Je re-cite les présidents de groupe : Michel Mercier, président
du groupe au Sénat, Marielle de Sarnez, présidente du groupe au Parlement
européen, l'un et l'autre ayant assumé, pour l'un, les fonctions de trésorier de
la campagne et, pour l'autre, la fonction de directrice de la campagne et j'y
joins Jacqueline Gourault, présidente des élus. Après l'expression de cette gratitude, au fond, je vais vous
dire des choses très simples. La première, c'est le bonheur intense que je vous
dois d'avoir eu à conduire, avec vous et avec les Français, cette magnifique
aventure de l'élection présidentielle, d'avoir eu à conduire, avec vous et avec
les Français, cette magnifique entreprise de l'élection présidentielle, car ce
que nous avons fait, et que nous avons fait à la surprise générale, ce n'est pas
simplement un acte politique, c'est quelque chose de beaucoup plus profond,
c'est de rencontrer le sentiment et l'âme de tout un peuple exprimé par près de
sept millions des lecteurs qui ont voulu, contre vents et marées, imposer le
changement qu'ils attendaient dans la vie politique française. Ces sept millions de suffrages m'obligent et nous obligent,
sept millions de Français, près de 19 % des voix, cela signifie que quelque
chose s'est passé en profondeur au cours de cette campagne électorale, au cours
de ce scrutin et ce quelque chose qui s'est passé en profondeur parle de
l'essentiel, du sentiment démocratique des Français. C'est de cela que je voudrai vous dire un mot. Comment se fait-il que nous ayons pu ainsi mobiliser un tel
capital de confiance ? Comment se fait-il, alors que les deux grandes formations
politiques qui nous entouraient, expliquaient à qui voulait les entendre que,
naturellement, notre projet politique n'existait pas, que notre programme
n'existait pas, qu'il s'agissait, disaient-ils, d'une illusion. J'ai d'ailleurs
beaucoup ri -je dois le dire- entre les deux tours, parce que la veille, notre
programme n'existait pas et, le lendemain, toutes les pages de journaux étaient
remplies de la comparaison, chapitre par chapitre et paragraphe par paragraphe,
de notre programme avec le programme des autres. Je voudrais que nous mesurions ensemble ce que signifie la
capacité de résistance de temps et temps de millions de citoyens décidés à
imposer leur jugement contre tous les experts, toutes les puissances, tous les
analystes et un très grand nombre de médias. J'ai, pour ma part, beaucoup admiré la volonté de ces citoyens,
lorsqu'il est arrivé que des magistratures médiatiques importantes, dans des
journaux très importants, veuillent, à plusieurs reprises, leur expliquer que
leur vote serait illégitime ou que leur vote ne serait pas démocratique. Il a
fallu voir ce qu'a été la mobilisation des lecteurs sur les forums et sur les
forums de ces journaux pour rappeler qu'ils étaient, eux, le peuple souverain et
qu'ils avaient, eux, l'intention de changer, je le dis sans la moindre trace de
rancœur, je ne me suis jamais, à aucun moment, fait d'illusion sur les
puissances auxquelles nous aurions à nous heurter pour proposer aux Français le
changement qui paraissait nécessaire pour notre pays. Je ne me suis jamais fait aucune illusion. J'ai toujours pensé
que cela heurterait des conforts, des habitudes et des intérêts très importants,
mais j'ai pensé, depuis le début, que c'était nécessaire pour la France, car,
tout au long de cette entreprise, je n'ai eu à l'esprit que la situation réelle
du pays, situation encore dissimulée aujourd'hui, parce que le catalogue
interminable des promesses électorales, les dizaines de milliard d'euros qui ont
été promis par les uns et par les autres. Cela a, pendant un moment, fait
l'effet d'un anesthésique sur la situation du pays et, maintenant, nous sommes
au pied du mur et on va voir revenir les problèmes de la France. Ma conviction est la même. Si nous ne changeons pas la manière qui est la nôtre de faire
de la politique dans notre pays, nous n'avons aucune chance dans la
confrontation des uns contre les autres, dans l'affrontement des uns avec les
autres, dans le choc des uns avec les autres. Nous n'avons aucune chance de
répondre aux problèmes de la France et je n'ai jamais perdu de vue ce sentiment
profond. Les problèmes de la banlieue sont insolubles dans cet
affrontement, les problèmes de l'éducation sont insolubles dans cet
affrontement, les problèmes de l'hôpital sont insolubles dans cet affrontement,
les problèmes de la santé des Français sont insolubles dans cet affrontement, le
problème des retraites est insoluble dans cet affrontement, le problème du
climat est insoluble dans cet affrontement. On a vendu aux Français de l'affrontement et l'affrontement ne
résoudra pas les problèmes de la France. Que dis-je, on a vendu aux Français
l'ivresse de l'affrontement, l'ivresse de la condamnation des uns par les
autres, l'ivresse de la caricature. On a entendu, pendant la campagne
électorale, expliquer par exemple que la gauche était toujours du côté des
délinquants contre les victimes. Je ne crois pas que ce soit le cas. On a
entendu dire que la Droite était toujours du côté des actionnaires contre les
salariés, je ne crois pas que ce soit le cas. Je crois qu'il y a, dans notre pays, des sensibilités
politiques. Je ne crois pas que l'une soit disqualifiée à l'avance par rapport à
l'autre et, quoi qu'il en soit, notre volonté est de les respecter toutes et, un
jour, de les faire travailler ensemble. Et les sept millions de Français qui ont voté pour nous, l'ont
fait pour nous pour sortir de cet antagonisme et de cette mise en scène. Ils ont
voté pour nous, car ils ont entendu que notre volonté, notre conviction était de
faire que, un jour, dans notre pays, en l'annonçant à l'avance, on soit capable
de traverser les frontières du passé pour faire naître des coalitions, des
rencontres, des alliances qui permettent, dans notre pays, de regarder les
problèmes et non plus de regarder les étiquettes. C'est car nous voulons regarder les problèmes et non plus les
étiquettes, que nous avons voulu espéré et défendu l'idée que l'on pouvait bâtir
des majorités d'idées et que l'on pouvait sortir de l'affrontement perpétuel
d'un côté contre l'autre, d'une majorité contre une opposition décidée, pour
l'une, à toujours répondre oui et, pour l'autre, à toujours répondre non... Derrière cette aspiration au rassemblement des Français,
aspiration au rassemblement assumé devant eux, annoncer devant eux, je dis à
l'avance, on annonce qu'il y aura des ouvertures, on dit que l'on va faire un
Gouvernement pluraliste, mais l'ouverture n'a pas de légitimité si elle n'a pas
été défendue et annoncée, en principe, devant les Français. C'est l'annonce préalable, le contrat signé avec les Français
qui donne sa légitimité à la composition d'un Gouvernement de rassemblement. Si on a vendu l'affrontement, on ne peut pas faire le
rassemblement et, quoi qu'il en soit, le rassemblement n'aura pas de
légitimité. Et les Français ont voté pour nous pour une troisième raison
qui, à mon sens, elle aussi, est importante et va dominer les années qui
viennent. Les Français ont voté pour nous, parce qu'ils sont à la recherche
d'une synthèse politique nouvelle. Ils voient bien que, entre la ligne politique
qui a été tracée par Nicolas Sarkozy qui a gagné cette élection et la ligne
politique qui était tracée par le Parti socialiste, il y a, en réalité, comment
dirais-je, deux manquements à la vérité. Et les Français attendent qu'on leur
propose une synthèse politique qui soit une synthèse démocratique et sociale,
démocratique, efficace en économie et sociale qui soit, au fond, un projet qui
incarne ou qui permette de rassembler les valeurs et les attentes différentes
qui sont les leurs. C'est pourquoi les mots de social-démocratie, les mots de
démocratie sociale ont, au fond, joué un si grand rôle dans la critique qui a
été celle des électeurs du Parti socialiste et du projet de l'UMP qui l'a
emporté. Cette synthèse, ne croyez pas qu'elle soit effacée par la
victoire des uns et la défaite des autres, c'est un impératif qui va s'imposer
au cours des années qui viennent dans notre pays qui est à la recherche d'un
nouvel horizon, d'une nouvelle société, comme disait Jacques Chaban-Delmas,
capable de réconcilier notre pays avec son histoire et avec son avenir. Pas plus que cette synthèse ne s'est effacée, les sept millions
de Français qui ont voté pour nous ne se sont effacés du champ politique
français. Ils expriment la même exigence et toute la question qui est devant
nous aujourd'hui est : répondons-nous à leurs espérances, à leurs exigences, à
leurs attentes ou, au contraire, décidons-nous de les abandonner ? Ma conviction profonde est que, à cette question, il faut que
nous apportions une réponse claire, autrement dit, dans la situation politique
qui est la notre aujourd'hui, ayant réalisé ce score extraordinaire, rencontré
cette confiance qui est une confiance émouvante, dans cette situation, nous
avons à répondre à une question : allons-nous aller de l'avant ou allons-nous
revenir en arrière ? Allons-nous, nous qui avons sollicité la confiance des
Français, qui les avons convaincus pour une très grande part, qui en avons
intéressé une beaucoup plus grande par encore, parce que je suis persuadé que
beaucoup de Français qui, au dernier moment, ont renoncé à voter pour nous en
avaient fortement envie et, pour un grand nombre d'entre eux, ont regretté de ne
pas l'avoir fait et, au fond, pour un bon nombre d'entre eux qui ne l'ont pas
fait, qu'elle a été la raison principale ? La raison principale a été que l'on
utilise leur vote pour revenir aux anciens schémas de la vie politique
française. Ils se sont interrogés, au fond, sur la profondeur et
l'authenticité de la démarche que je leur proposais. Ils se sont interrogés,
alors qu'ils étaient intéressés et, pour un certain nombre et peut-être un grand
nombre d'entre eux, ils ont conclu que leur certitude n'était pas assez forte,
mais je ne les oublie pas ceux-là, dans le choix qui est le nôtre aujourd'hui.
Je pense que l'on peut leur montrer quelle était la vigueur et la profondeur, en
effet, de l'orientation politique que nous leur proposions. Aller de l'avant ou revenir en arrière ? Revenir en arrière,
qu'est-ce que c'est ? Revenir en arrière, c'est accepter -je voudrais vous
rendre attentifs à ceci- que, dans la vie politique française, il n'y ait que
deux camps, la Gauche et la Droite, la majorité et l'opposition, qu'il faille
nécessairement faire allégeance à un camp ou à l'autre, qu'il faille
nécessairement céder aux pressions d'un camp ou de l'autre et qu'il faut
renoncer à l'idée que l'on doit tracer un chemin nouveau, une voix nouvelle
entre ces deux camps pour que la démocratie française retrouve sa vigueur, son
authenticité et sa légitimité. Parce que naturellement, je n'ignore rien des pressions,
appelons-les par leur nom, des pressions électorales, je n'ignore rien des
pressions qui s'exercent sur un certain nombre d'élus, pas tous ou en tout cas
tous n'y répondent pas de la même manière et c'est pourquoi je voudrais vous
demander d'applaudir les députés qui sont à cette tribune. Les députés qui sont à cette tribune… (Standing ovation…) …Et qui ont simplement choisi de rester fidèles à ce qu'ils
avaient dit aux électeurs tout au long de la campagne électorale. Voyez-vous, je
n'aurais pas un mot de condamnation ou d'accusation contre ceux qui ont fait
l'autre choix. Je veux seulement dire ceci : considérez que nous ne sommes pas
là seulement pour exprimer des sentiments, mais pour porter l'image d'une
famille politique. Je n'aurais pas un mot d'accusation ou de condamnation à leur
endroit. Je sais que c'est difficile et, d'une certaine manière, je suis payé
pour savoir que c'est difficile, mais je veux leur dire ceci ou je veux nous
dire ceci : dans la vie, quand c'est l'essentiel qui est en jeu et que l'on
subit des pressions, au fond, la question est très simple, vous n'avez le choix
qu'entre deux attitudes, vous n'avez le choix qu'entre céder ou résister et ma
conviction profonde est que c'est plus facile de céder, mais c'est sans avenir
et il est plus juste, plus loyal, plus promoteur, plus important de résister et
de montrer ainsi de quel bois l'on est fait, de quel métal, de quelle structure,
de quelle charpente l'on est fait. Azouz Begag vient de nous rejoindre. Je dis avec certitude que, si la question est entre céder et
résister, ma réponse c'est : nous avons le devoir de résister. J'ai résisté hier, je résisterai aujourd'hui, je résisterai
demain, parce que c'est de résistance que la France a besoin. Voyez-vous, dans cette idée qui paraît si simple, majorité d'un
côté, opposition de l'autre et il faut nécessairement être d'un côté ou de
l'autre, je souris, car je vois des amis gaullistes dans cette salle, si on
avait dit au Général de Gaulle qu'il convenait, sous une République dont les
institutions ne lui agréaient pas et dont il avait vu la difficulté et les
problèmes, qu'il s'agissait d'être d'un côté ou de l'autre, il aurait éclaté
d'un de ses éclats de rires homériques dont il avait le secret. Il y a des
moments où il ne faut être, ni d'un côté, ni de l'autre pour tracer la voix de
l'avenir pour le pays. Dans cette idée qui paraît si simple "majorité ou opposition",
il y a, en réalité, deux choses extrêmement pernicieuses, extrêmement lourdes
qui engagent jusqu'à la conception même de la démocratie et de la vocations d'un
élu du peuple. Le premier de ces éléments pernicieux, c'est que, si vous êtes
d'un côté, dans la majorité, vous êtes liés par la discipline majoritaire et, si
vous êtes de l'autre, dans l'opposition, vous êtes liés par la discipline de
l'opposition. Vous êtes obligés de voter toujours pour d'un côté et toujours
contre de l'autre et, d'ailleurs, j'ai entendu à la radio -et vous aussi
peut-être- que l'on ne pourrait être considéré comme candidat de la majorité
présidentielle quand on avait soutenu Nicolas Sarkozy que si on acceptait de
signer un engagement qui était un engagement de discipline à l'intérieur de la
majorité fondé sur quatre points… Peut-être je suis en train de les libérer en
énonçant cette liste… Quatre points extrêmement intéressants. Le premier, je veux bien l'accepter, c'est : "Je voterai la
confiance au Gouvernement qui se présentera à l'Assemblée Nationale". Je
comprends cela. Le deuxième c'est : "Je ne voterai jamais la censure". Je
comprends... Essayons de porter cette image d'un mouvement d'avant-garde, donc
ouvert au débat en particulier. Je regrette de dire qu'un député digne de ce nom ne peut pas
s'engager à ne jamais voter la censure, parce qu'il peut y avoir des
circonstances graves pour le pays dans lesquelles il considère que c'est son
devoir de voter la censure. Les troisième et quatrième engagements disent, à eux seul,
l'allégeance dans laquelle il faut s'engager, puisque le troisième et quatrième
engagements, c'est : "Je m'engage à voter tous les budgets qui seront présentés
à l'Assemblée Nationale et tous les budgets de la Sécurité Sociale qui seront
présentées à l'Assemblée Nationale". Comment peut-on être un député digne de ce nom, si on est lié
par un engagement d'avoir, à l'avance, à voter le budget et le budget de la
Sécurité Sociale ?!... Que fait-on si on considère que le budget n'est pas bon, qu'il
creuse le déficit ou qu'il est infidèle ? Comment fait-on si on considère que
les dépenses de la Sécurité Sociale ne sont pas financées ou que les
orientations arrêtées par ce sujet ne sont pas bonnes pour l'hôpital pour la
médecine de ville ou pour la pharmacie pour les personnes âgées ou pour les
bébés qui viennent de naître ? Que fait-on ? Où est la liberté de conscience qui doit être la règle absolue
d'un élu, si on est à l'avance lié par une discipline majoritaire ou par une
discipline de l'opposition, ce qui est la même chose ? Je considère que l'un des chapitres les plus importants du
programme, du projet que nous avons défendu devant le pays, du contrat de
confiance que nous avons proposé aux Français, l'un des chapitres les plus
importants était celui si : désormais, chez nous, il n'y aura pas ce carcan de
la discipline de vote dans lequel on s'enferme. Nous voulons des parlementaires
de plein exercice, de pleine légitimité, de pleine dignité, qui décideront en
conscience si les textes qu'on leur propose sont justes ou si les textes qu'on
leur propose sont injustes et qui sont décidés à voter oui s'ils sont justes et
non s'ils sont injustes. La politique française, la démocratie française et la France
tout court ont besoin, j'en ai la conviction, d'un mouvement politique qui soit
le mouvement politique de la liberté, la liberté de vote, la liberté de
conscience, la liberté de jugement, la liberté d'engagement. Le deuxième éléments pernicieux, c'est que, lorsque les élus
sont ainsi enfermés dans une allégeance aux uns ou aux autres, les uns votants
toujours oui et les autres votants toujours non, quand ils sont enfermés dans
cette allégeance, il n'y a plus personne pour défendre les citoyens, parce que
vous vous rendez bien compte que la défense des citoyens ne s'accommode pas du
fait que les uns votent toujours oui et les autres votes toujours non. Les citoyens ne doivent ainsi pas savoir quel est le degré de
gravité ou de justesse des textes qu'on leur soumet. La défense des citoyens, c'est la liberté de vote, c'est la
même chose. Et j'ai la conviction profonde que, dans la période dans
laquelle nous sommes entrés, il faut qu'il y ait un mouvement politique dont
l'engagement soit, non pas de défendre le pouvoir devant les citoyens, mais de
défendre les citoyens devant le pouvoir, de défendre la libre information des
citoyens, de défendre les libertés publiques dans notre pays, d'être intraitable
lorsqu'il s'agit des difficultés que rencontrent les plus fragiles, parce que ce
sont les plus fragiles qui souffrent et ce sont les plus fragiles dont nous
avons la charge les premiers. Nous avons besoin d'avoir, à l'Assemblée Nationale, des
défenseurs des citoyens. Je vous le dis du fond du cœur. Comme vous le savez, j'ai eu de lourds différends avec Nicolas
Sarkozy pendant cette campagne électorale et, comme vous le savez, je ne lui ai
pas donné mon suffrage, alors que la plupart des élus de notre mouvement
choisissaient de le faire, mais je souhaite que la période qui s'ouvre soit une
période positive pour la France. Je l'aborde dans cet esprit. Je voudrais que les inquiétudes que j'ai exprimées, les
craintes que j'ai nourries, soient démenties par la réalité. Si tel est le cas,
je le dirai, mais je sais, avec certitude qu'il faut qu'il y ait, à l'Assemblée
Nationale, des élus qui soient des élus vigilants et intransigeants à l'égard de
ce qui va être décidé, à l'égard des décisions, des orientations et des choix
qui vont être faits pour notre pays. Voyez vous, nous sommes dans une situation historique
particulière. L'UMP va naturellement avoir la majorité à l'Assemblée Nationale,
elle a la majorité au Sénat. Il a, ce mouvement, ce courant de pensée, l'UMP a
la presque totalité des corps de contrôle dans notre pays et il suffit d'avoir
lu les déclarations qui, hier, étaient celles du président sortant du Conseil
constitutionnel à notre endroit pour mesurer qu'il y a loin de l'éminente
responsabilité de ces corps de contrôle à la neutralité que cette éminente
dignité ou responsabilité devrait entraîner, qu'il y a loin de cette
responsabilité à la réserve, c'est tout à fait naturel et tout à fait normal,
que les hommes aient, à titre personnel, des opinions. Ce qui n'est pas naturel et pas normal, c'est que, dans des
organismes ou des magistratures aussi importantes, il n'y ait que des gens qui
aient la même opinion, il n'y ait que des gens qui appartiennent au même courant
de pensée, il n'y ait que des gens qui soient de la même inspiration et donc
vous allez avoir naturellement toutes les responsabilités de l'exécutif,
naturellement toutes les majorités à l'Assemblée Nationale et au Sénat,
naturellement la présidence de l'Assemblée Nationale et la présidence du Sénat,
naturellement l'inspiration de tous les corps de contrôle. Je dis que, dans une situation comme celle-là, rien n'est plus
important que de bâtir, en France, un contre pouvoir libre, capable de
s'exprimer, capable de s'avancer devant les citoyens en disant : "Attention, il
y a la quelque chose qui ne va pas". Nous ne sommes pas des opposants
systématiques. Nous sommes des hommes et des femmes libres qui avons l'intention
de dire et de surveiller ce qui va se passer dans notre pays dans les
cinq années qui viennent. Et je le dis en particulier à l'intention de ceux qui ont fait
le choix que vous savez dans notre groupe parlementaire sortant. On pouvait
parfaitement être membre, on peut parfaitement être membre de notre famille
politique, tout en nourrissant des sentiments de bienveillance à l'égard du
Gouvernement et du Président de la République, si on a été convaincu entre les
deux tours des vertus qui étaient les siennes. On peut parfaitement vivre cela, puisque nous sommes le parti
de la liberté, puisqu'il y a, chez nous, la liberté de vote, mais ce que l'on ne
peut pas faire en effet, en étant membre de notre famille politique, c'est
d'être lié par une allégeance, par une discipline de vote qui n'appartient pas à
la conscience, qui n'appartient pas à notre délibération, qui appartient au
"seigneur". Au fond, voilà les trois forces politiques qui vont se
présenter devant les Français : celle qui votera toujours oui, celle qui votera
toujours non et celle qui considère qu'elle a le devoir d'être libre pour
défendre les intérêts de la Nation, les principes de la démocratie et la vie
quotidienne des Français dont elle a la charge. En effet, à cette liberté, je ne renoncerai jamais. Je ne
renoncerai pas apporter cette attitude politique nouvelle, parce que j'ai la
conviction que la démocratie française en a besoin. La démocratie française n'a
pas besoin de parlementaires robotisés qui votent systématiquement dans le même
sens, sans même avoir examiné les textes qu'on leur propose. La politique et la
démocratie française ont désormais besoin de parlementaires de pleine conscience
et de plein exercice qui décident, en effet, d'exercer les mandats exclusifs que
leur ont confiés les citoyens en les élisant à l'Assemblée Nationale. Et, en effet, j'ai la conviction, j'en viens à l'objet de ce
Conseil national, que cette force parlementaire nouvelle, cette force
parlementaire libre, décidée à défendre les Français, il faut qu'elle s'appuie
sur un mouvement politique nouveau, non pas que j'ai, à l'égard de l'UDF, le
moindre grief ou le moindre regret. J'en suis le président. J'ai aimé de toutes
mes fibres cette famille politique, j'ai aimé de toutes mes fibres le chemin et
j'aime le chemin que nous avons fait ensemble, mais il y a des moments, j'en
suis persuadé, où il est nécessaire de changer et d'ouvrir les portes pour que
plus de citoyens se reconnaissent dans l'œuvre commune que nous avons
entrepris. Voyez-vous, beaucoup de Français considéraient qu'il y avait,
entre eux et nous, une barrière, que cette barrière a été difficile à franchir
pour beaucoup d'entre eux au moment de l'élection présidentielle, parce qu'ils
avaient l'impression ou le réflexe que l'UDF était un parti enfermé dans une
seule alliance, l'alliance avec le RPR devenu UMP. Ils avaient l'impression que l'UDF, c'était cela, c'était une
des apparences de, comme ils disaient, la Droite. Ma conviction profonde est qu'il faut que ces citoyens aient la
certitude que le courant politique que nous incarnons aujourd'hui est un courant
authentiquement central de la vie politique française, c'est-à-dire prêt à
travailler avec les uns et avec les autres, que ce soit pour les grands enjeux
nationaux ou pour les grands enjeux locaux. Je suis déterminé à défendre l'idée que nous ne sommes pas, en
France, entre ces grands mouvements démocratiques, des ennemis. L'intérêt
supérieur du pays exige que nous soyons capables de dépasser les frontières et,
notamment, de dépasser les frontières du passé pour travailler ensemble sur de
grands objectifs nationaux et locaux. C'est la raison pour laquelle je vous proposerai, dans une
minute, que nous prenions une délibération ensemble. Cette délibération, je vais
vous la lire et je vais l'expliquer devant vous : "L'UDF appelle à la
constitution d'une force politique nouvelle, indépendante, ouverte, le MD et
présentera ses candidats aux élections législatives avec cette étiquette". Tel est le texte de la résolution que je soumettrai, tout à
l'heure, à vos suffrages. Je veux vous en expliquer la teneur. "L'UDF appelle à la constitution d'une force politique
nouvelle", cela signifie que l'UDF est décidée à ne pas faire cette force
politique nouvelle toute seule et c'est pourquoi je salue la présence de Corinne
Lepage, c'est pourquoi j'ai été heureux que, hier, dans un communiqué,
M. Jean-Luc Bennhamias, député des Verts au Parlement européen, annonce qu'il
était décidé à faire ce chemin avec nous. Je suis persuadé qu'il y a de nombreux citoyens, je ne parle
pas encore des élus dans les périodes électorales, les élus comme l'on sait ne
bougent guère, mais je suis persuadé qu'il y a de nombreux citoyens venant d'un
côté ou de l'autre, venant de la pensée… Azouz Begag, qui est au premier rang,
en sociologue, beaucoup d'autres qui seront intéressés par ce mouvement
viendront le construire avec nous. Ce mouvement, je vous propose que nous en programmions le
Congrès constitutif à l'automne, mais, dans ce mouvement, l'UDF décide d'être
une force constitutive, de construire ce mouvement. L'UDF ne disparaît pas, elle décide, au contraire, de
construire un mouvement plus large qu'elle, elle décide de se dépasser. Je veux,
à ce titre, mettre un terme à ce micro à une sornette, quelque chose que l'on
entend ici ou là, selon laquelle il paraîtrait qu'un certain nombre d'individus
auraient déposé, au titre de la propriété industrielle, le nom d'UDF et en
seraient les légitimes possesseurs. Je veux vous dire quelque chose de très simple : les légitimes
possesseurs, les détenteurs légaux du nom de l'UDF et de sa volonté, c'est vous,
ce sont les adhérents de l'UDF. Personne ne peut se prévaloir de ce nom sans avoir reçu votre
aval par l'intermédiaire des instances légitimes qui sont les vôtres, soit le
Congrès, soit le Conseil national, soit le Bureau politique, personne ne peut se
prévaloir de ce nom. Au demeurant, j'ai demandé à Michel Mercier de faire ce qu'il
fallait en termes de poursuites judiciaires pour mettre un terme à cet abus de
confiance, parce que le jour où ces gens-là ont déposé cette marque, car ils
l'ont fait vraiment à l'INPI, l'Institut national de la propriété industrielle,
le jour ils l'ont fait, non seulement ils n'étaient pas mandatés par aucune des
instances de notre mouvement, mais pire encore, ils n'étaient plus membres de
l'UDF depuis deux ans et ils avaient adhéré à l'UMP depuis deux ans, lorsqu'ils
ont eu l'audace d'aller proposer ce nom à l'INPI. Cela fait partie des petites inélégances, mais le nom de l'UDF,
c'est le nôtre et les candidats qui le voudront pourront inscrire sur leur
bulletin UDF MD. Personne d'autre ne pourra le faire qu'eux. Je veux mettre un terme à une deuxième rumeur ou une deuxième
sornette, ce sont ceux qui expliquent que, ayant refusé de m'inscrire dans le
cadre de la majorité présidentielle, je serais entrain de nouer des accords
secrets avec le Parti socialiste pour les élections législatives qui
viennent. Je veux vous dire ceci de la manière la plus nette : je n'ai eu
aucune conversation, aucune rencontre, aucun échange, même pas d'une phrase, ni
téléphonique ni par écrit, avec aucun des dirigeants du Parti socialiste qui
laisse entendre que nous pourrions envisager, d'une manière ou d'une autre, une
alliance aux élections législatives, ni une phrase ni un membre de phrase, ni un
mot ni une allusion. Pourquoi ? Car je n'ai pas quitté, avec vous, l'allégeance d'un
côté pour aller m'enfermer dans l'allégeance de l'autre. Je n'écarte pas l'idée qu'un jour ou l'autre, le Centre que
nous constituons soit capable de travailler en commun avec les uns comme avec
les autres. Je n'écarte, en particulier, pas l'idée que nous pourrons un jour,
notamment pour des majorités locales, faire exploser le clivage stupide qui
sépare la Droite de la Gauche qui crée un mur de Berlin entre les uns et les
autres. Je n'écarte pas l'idée que l'on puisse avoir, que l'on puisse
vouloir, que l'on puisse rechercher des majorités, en particulier des majorités
locales plus larges que celles que nous imposent la guerre de la Droite contre
la Gauche, mais j'écarte absolument l'idée que cela se passe par des manœuvres.
J'écarte l'idée que cela puisse se faire par des accords secrets, par des
échanges sous la table. Je suis déterminé mettre de la clarté et de la transparence en
politique. J'étais déterminé hier, je suis déterminé aujourd'hui et je serai
déterminé demain. Une réflexion à ce sujet : voyez-vous, ce n'est pas par pureté
que je me comporte ainsi. Cela ne signifie pas non plus que je récuse la
pureté ! Ce n'est pas par vertu que je me comporte ainsi, et je ne récuse pas la
vertu, c'est parce qu'il faut, à tout prix, renouer le lien de confiance entre
les citoyens et leurs élus, c'est car il faut absolument que, lorsqu'un homme
public parle, quand il s'exprime, on ne puisse pas, le lundi, le mettre en
contradiction avec ce qu'il disait le samedi, on ne puisse pas trouver, dans ses
propos, le contraire ou une manœuvre ou un détournement de sens qui ferait que
les citoyens disent : "C'est comme d'habitude, on a compris que, quand il
parlait comme cela, il nous racontait des histoires". Je veux que les Français sachent que, quand nous parlons avec
eux, ils peuvent, en confiance, considérer que nous leur disons la vérité. C'est
pourquoi il n'y aura aucune manœuvre d'aucune sorte. Je ne veux pas que l'on se
livre à ce genre de chose et, quand j'ai été approché par les uns ou par les
autres, je le leur ai dit. Je considère donc que nous allons aller aux élections
législatives en réinventant le premier tour, c'est-à-dire que nous allons aller
aux élections législatives sous nos propres couleurs et que nous verrons, au
soir du premier tour, où nous en sommes et j'espère bien que, dans nombre de
circonscriptions, nous serons parmi les deux premiers, même si, naturellement,
cette tâche sera combattue par les uns ou par les autres et que, à ce moment-là,
ce sont les autres qui devront choisir, en conscience, l'attitude qu'ils auront
à l'égard de nos candidats. Nous aurons gagné, nous-mêmes, les voix et les mandats que les
Français nous donneront. Bien sûr, c'est difficile, bien sûr, c'est un risque, mais ne
croyez-vous pas que les Français méritent ce risque, eux qui galèrent tous les
jours, eux qui ont des problèmes dans leur vie quotidienne et dans leur travail,
eux qui ont tant de mal à se faire entendre et à se faire entendre notamment des
puissants, des puissants économiques, des puissants politiques et des puissants
médiatiques. Il est juste que nous prenions ce risque à leur service, pour
qu'ils sachent qu'ils auront, désormais, des défenseurs indépendants à
l'Assemblée Nationale. Permettez-moi une remarque : cela va nous donner l'occasion, la
chance, comme disent les anglo-saxons ayant piqué un mot de français,
l'opportunité, cela va nous donner l'occasion de remplir un autre de nos
engagements. En effet, nous aurons, dans cette élection, peu de sortants, mais
ce qui nous intéresse, ce n'est pas les sortants, mais les entrants !... Je veux dire que nous nous mettons, en effet, dans cette
situation de risque consenti pour montrer l'importance de l'enjeu à nos yeux.
Prenant ce risque, nous allons assumer, en même temps, un autre engagement qui
est le renouvellement de la vie politique française. Nous allons faire élire ou proposer aux Français des visages
nouveaux, des expériences nouvelles, des personnalités nouvelles dont on a
tellement besoin pour que la vie politique française change d'attitude, de
visage, d'allure, de pratiques, de principes et de manière d'être. Cette tâche
de renouvellement, nous la prenons à cœur, car des millions de Français en ont
besoin. Je veux vous donner un chiffre qui, me semble-t-il, est un
chiffre bouleversant de ce qui est en train de se passer en France, complètement
ignoré des puissances habituelles. On a commencé à parler du Mouvement Démocrate
dimanche, pas dans une publicité très importante -vous conviendrez que ce n'est
pas ces publicités ou ces déclarations, y compris pas la déclaration que j'ai
faite dimanche soir qui ont beaucoup mobilisé les médias !, je dis cela
naturellement avec le sourire !- et, depuis dimanche soir 20 heures, jusqu'à
lundi soir 20 heures, sont venus sur notre site des milliers de Français qui ont
demandé à adhérer au nouveau Mouvement Démocrate. Entre dimanche soir 20 heures, je donne les chiffres précis, et
lundi soir 20 heures, il y a eu dix mille adhésions. Le 8 mai, c'était le pont.
Cela a recommencé le mercredi matin, 9 mai, à 11 h 44... (Rires...)
… Où nous avons atteint le chiffre de quinze adhérents et, à
14 h 24, nous avons atteint seize mille adhésions. Depuis, je n'ai pas regardé
le compteur. Autrement dit, nous avons eu, en moyenne, pendant cette
période, une adhésion toutes les dix secondes, sans avoir fait de publicité,
sans que personne ne soit informé par une grande manifestation. Je suis persuadé
qu'il y a des dizaines et des dizaines, des centaines de milliers de Français
qui ont envie de s'engager dans ce Mouvement Démocrate nouveau pour changer la
politique française. Je finirai sur cette idée : je sais très bien quelle va être la
difficulté extrême du combat électoral. D'une certaine manière, c'est cette
difficulté que nous avons choisie, qui donne à notre démarche toute son
authenticité. Je sais très bien que les Français attendent des gens capables de
résister à toutes les pressions pour les défendre. Ils voient, aujourd'hui, que
nous sommes capables de résister à toutes les pressions. C'est ce qui leur donne
la garantie que nous allons les défendre dans les cinq années qui viennent. Toutefois, il y a aussi la nécessité d'inventer un mouvement
politique nouveau. Cela n'est pas le moindre des enjeux que nous avons devant
nous : un mouvement politique qui saura, et, jusqu'à maintenant, cela n'a été
fait par personne, prendre la mesure des capacités de chacun de ses adhérents et
leur permettre d'exprimer cette capacité dans le cadre de la vie politique. Un mouvement politique qui sera capable, non pas seulement de
défendre des idées ensemble, mais d'aller plus loin et d'élaborer ses idées,
d'être un vrai laboratoire de pensée pour la société de l'avenir et c'est à être
ce laboratoire de pensée, chacun avec votre expérience, adhérents d'aujourd'hui
et adhérents de demain, que je vous invite. Marielle de Sarnez me fait passer un petit mot pour le compteur
que j'avais cessé de regarder à 14 h 22 où nous avions seize mille demandes
d'adhésion. A 10 h 45 ce matin, il y avait vingt-deux mille demandes
d'adhésion. Et, comme il est normal, 95 % de ces demandes d'adhésion
n'émanent pas des rangs de nos adhérents d'aujourd'hui. Nous allons faire le
renouvellement des visages, renouvellement des personnalités, renouvellement des
pratiques, renouvellement des idées au service du pays. J'ai besoin de votre engagement à tous. J'ai besoin de
l'engagement de tous ceux qui nous écoutent. S'il y a, parmi ceux qui nous
entendent, des personnalités qui ont l'idée que, ici ou là, dans des lieux où il
n'y aurait pas ou plus de candidature de notre famille politique, qu'ils nous
écrivent, qu'ils viennent sur notre site Internet, qu'ils nous proposent leur
engagement. Je trouve précieux que le renouvellement de la vie politique
aille jusqu'au renouvellement des candidatures, notamment dans un moment aussi
important pour l'avenir du pays que celui-ci. Le renouvellement que les Français attendent, le changement des
attitudes et des pratique qu'il exige, nous allons leur proposez. Je suis
persuadé que c'est la poursuite, le développement de cette révolution orange que
nous avons introduite ou fait entrer dans la vie politique française. À ceux qui, en effet, ont voté à l'élection présidentielle par
adhésion et non pas par rejet, ils ont voté parce qu'ils choisissaient un chemin
nouveau, ils sont engagés dans ce chemin nouveau, nous n'allons ni les décevoir
ni leur manquer, nous n'allons pas être absents du rendez-vous qu'ils nous ont
fixés. Je vous propose de créer le Mouvement Démocrate pour que la
France renouvelle la vie politique, la vie démocratique, la vie civique de notre
pays. Nous allons ouvrir le débat. Il est 12 heures. Nous avons déjà
vingt-trois mille demandes d'adhésion ! Je vais prendre les inscriptions pour le
débat. "
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