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La révolution française

Marie-Joseph Paul Yves Roch Gilbert Motier marquis de La Fayette 1757 - 1834Marie-Joseph Paul Yves Roch Gilbert Motier marquis de La Fayette est né le 6 septembre 1757 à Chavaniac en Auvergne. A la fois adulé et détesté par ses contemporains, républicain obstiné, réformateur acharné, idéaliste et humaniste engagé, La Fayette a pris une part active à la Révolution d'Amérique, à la Révolution Française, à la chute de Napoléon et à la Révolution de 1830. Héros de l'indépendance américaine, député aux États généraux, fait abattre la Bastille, organise la première fête nationale le 14 juillet 1790, il est à l'origine de la cocarde tricolore, devenue depuis l'emblème national, fait adopter la première Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen. Dans le respect de cette déclaration, il consacre toute son existence à lutter pour la liberté et les droits de l'homme. Avec passion et détermination, il va réclamer : la liberté des peuples opprimés, la liberté pleine et entière pour le culte protestant, l'abolition de l'esclavage, l'établissement d'une constitution respectueuse des droits.
"La Fayette, we are here !" (La Fayette, nous voici !), tels furent les mots que prononça le lieutenant-colonel américain Charles E. Stanton sur la tombe de La Fayette au cimetière Picpus à Paris, le 4 juillet 1917, jour de la fête nationale des États-Unis. Mots pour marquer la reconnaissance des américains envers celui qui les avait soutenus lors de la guerre d'indépendance et qui seront encore repris lors du débarquement des troupes américaines en France le
6 juin 1944.

Plusieurs mois avant la prise de la Bastille et le début de la Révolution française, la colère gronde chez le petit peuple des villes et des campagnes. Les revendications sont essentiellement économiques et sociales. La politique sera l'affaire de la bourgeoisie et de la noblesse éclairée.

Tout commence au tournant des années 1785-1787. Le royaume est en pleine crise financière aboutissant à la retentissante banqueroute d'août 1788. En quatre ans la hausse des prix est de l'ordre de 62%. Sur les vingt-quatre millions de sujets de Louis XVI, se sont les vingt-trois millions et demi appartenant au tiers état qui sont les plus touchés.
À l'époque les couches populaires dépensent la moitié de leur budget pour leur pain quotidien. Or le prix du blé a flambé et l'État désargenté multiplie les pressions fiscales.

Le Dauphiné est alors le théâtre d'une industrialisation moderne: métallurgie, papeterie, textile. Les vingt-trois mille habitants de Grenoble sont sous la coupe d'une vingtaine de familles commerçantes. Dès 1786, l'administration royale tente de supprimer les avantages fiscaux du Dauphiné.

Le 9 mai 1788 le parlement local, qui est une cour judiciaire d'enregistrement des édits royaux, refuse cette réforme fiscale. Le lendemain, le lieutenant général, sorte de préfet de l'époque, ferme le parlement et des mandats d'amener, les fameuses lettres de cachet sont lancés contre les parlementaires. Le peuple de Grenoble, qui a déjà bien du mal à joindre les deux bouts, s'oppose à l'arrestation de ceux qui ont refusé la nouvelle pression fiscale. Deux bataillons de soldats sont dépêchés sur la place d'arme et un manifestant est tué.

Aussitôt les artisans, boutiquiers et ouvriers montent sur les toits de la ville et bombardent de tuiles les troupes du Royal Marine et du comte de Clermont-Tonnerre. L'émeute durera six heures. Cette "Journée des Tuiles" débouche peu après sur l'assemblée de Vizille. Pour la première fois les représentants du tiers état sont aussi nombreux que ceux de la noblesse et du clergé. Ce sont donc bien les prémices des États Généraux et du début de la Révolution. À la même époque Dijon, Toulouse, Pau et Rennes connaissent de pareils affrontements.

11 janvier 1789 Pour prévenir la disette due à ce terrible hiver 1788-1789 et aux inondations suivies de sècheresse de l'année précédente, Necker achète 140000 tonnes de grains à l'étranger. Il craint que la famine s'abatte sur Paris.

Janvier 1789 L'Abbé Emmanuel Sieyes publie : "Qu'est-ce que le Tiers Etat". Tout ! laisse supposer son ouvrage : 96 % de la population, c'est la Nation. L'abbé critique amplement la noblesse sur ses privilèges sans égratigner l'église. Il rêve tout haut d'une monarchie constitutionnelle laissant une part moins belle à la noblesse qu'en Angleterre.

30 janvier 1789 Mirabeau défenseur du Tiers Etat ! "Est-il juste que les ordres qui ne sont pas la Nation l'emportent sur la nation ?" déclare-t-il près d'Aix en Provence : le peuple l'acclame.

11 février 1789 La noblesse exclut Mirabeau de ses rangs sous prétexte qu'il ne possède pas de Fief. Il leur réplique en lançant un appel à la Nation Provençale !

Mars 1789 Les Français ont pour la première fois ! La fièvre électorale, à Paris comme dans tous les villages de France des réunions se tiennent pour désigner les représentants des Etats Généraux. Des cahiers de Doléances s'ouvrent partout.

Avril 1789 Dans les cahiers de doléances on trouve les revendications des Français de tout le royaume. Ces revendications s'accordent sur certains points :
- La noblesse refuse l'affaiblissement de ses privilèges provinciaux héritées de l'époque médiévale. Elle est cependant parfois prête à accepter l'égalité devant l'impôt.
- Le Clergé : les doléances sont extrêmement différentes entre le haut et le bas clergé, le haut étant nettement plus proche de la noblesse et de la souveraineté royale que le bas.
- Le Tiers Etat : l'essentiel des revendications porte sur le régime fiscal et le comportement des fermiers généraux et intendants accusés de corruption. (A l'époque les collecteurs d'impôts payaient le droit de collecter l'impôt pour le Trésor et les contrôles étaient pour le moins succinct)

17 avril 1789 La Fayette décide de se faire élire aux Etats généraux dans les rangs de la noblesse mais ses idées ne s'accordent pas au groupe, il est en effet très partisans du vote par tête.

C'est à Paris que la révolte ouvrière reprend de plus belle. Dans les ateliers et les manufactures, les compagnons, les apprentis et les ouvriers (ces derniers astreints au livret n'ont pas le droit de quitter leurs employeurs) triment 14 à 16 heures par jour pour 20 sous. Une miche de pain vaut alors 2 sous et sur six-cent-cinquante mille Parisiens, cent-vingt mille sont au chômage et vivent dans l'indigence. Dans ce contexte explosif, le manufacturier en papiers peints Réveillon déclare qu'un ouvrier peut bien vivre avec 15 sous par jour. Le 27 avril 1789, ses employés rejoints par le peuple des faubourgs manifestent. Le lendemain ils mettent à sac deux maisons. Les hommes de la prévauté tirent. Le pavé rougit. Une semaine plus tard des États Généraux s'ouvrent à Versailles. Deux mois après les Parisiens prennent la Bastille.

2 mai 1789 Les mille députés des trois ordres sont reçus à Versailles par le Roi.

5 mai 1789 Ouverture des Etats Généraux :

4 juin 1789 Le dauphin meurt de la tuberculose, le fils aîné de Louis XVI est mort. Même si la mortalité infantile est fréquente à l'époque, le Roi a sans doute été affaibli par cet événement.

juin 1789 Les délibérations des Etats généraux n'ont toujours pas commencées, les trois ordres devaient vérifier chacun de leur côté les mandats de leur députés. Mais le Tiers refuse, les députés du Tiers veulent que cette vérification se fasse en commun. L'objectif est de donner une légitimité de tous les députés vis à vis de toute l'assemblée. Cette légitimité permettrait de revendiquer le vote par tête.

13 juin 1789 Déjà trois députés du Clergé se sont joints au Tiers-Etat. SIEYES propose que l'assemblée du Tiers somme les deux ordres de se réunir à elle pour la vérification des pouvoirs des représentants de la Nation. Et le Tiers commence l'appel sans attendre l'accord des deux autres ordres.

 

17 juin 1789, à Versailles, les députés du tiers état, renforcés par quelques curés représentant le clergé, se proclament «Assemblée nationale» sur une proposition de l'abbé Sieyès.
L'autorité du roi bafouée Quelques semaines plus tôt, le roi Louis XVI a réuni les états généraux en vue de trouver une solution à la faillite qui menace le gouvernement.
Héritée d'une tradition médiévale, l'assemblée des états généraux comporte des représentants des trois ordres : clergé, noblesse et tiers état.
Le tiers état représente les Français qui n'ont droit à aucun privilège particulier. Ses députés sont issus de la bourgeoisie. La majorité est composée d'avocats. Considérant, selon le mot de Sieyès, qu'ils représentent les
«quatre-vingt-seizièmes de la Nation», ces députés bafouent la division en trois ordres en se proclamant assemblée nationale.
Sur proposition de SIEYES, le Tiers-Etat décide à 481 voix contre 119 de se proclamer ASSEMBLEE NATIONALE.
Le Tiers représentant 96 pour cent de la population doit remplir "les vœux de la Nation". L'Assemblée Nationale prend tout de suite des décisions capitales :
- Refus du Droit de légiférer pour les deux autres ordres.
- Refus du Droit de véto au Roi
- L'Assemblée Nationale est seule compétente pour consentir la levée de l'impôt.
- L'Assemblée assure la garantie des dettes de l'Etat
L'Assemblée Nationale à l'aval du Clergé qui vient d'admettre sa réunion au Tiers par 3 cinquièmes des voix. La Noblesse est elle-même sur le point de vaciller et de se joindre au Tiers. Ils s'arrogent le droit d'autoriser la perception des impôts et envisagent de fixer par écrit les futures règles de gouvernement et les attributions de chacun (roi, ministres, députés,...) dans une
Constitution, à l'imitation des conventionnels américains (1789)... et des indépendantistes corses (1735)

Le roi Louis XVI prend fort mal la chose et, sur les conseils de son entourage, fait fermer la salle des Menus Plaisirs où les députés ont pris l'habitude de se réunir. Qu'à cela ne tienne. Le 20 juin, les députés se retrouvent dans une autre salle de Versailles, au Jeu de Paume, où ils font le serment «de ne jamais se séparer et de se rassembler partout où les circonstances l'exigeraient, jusqu'à ce que la constitution du royaume fût établie et affermie par des fondements solides». La Révolution française commence...

 

20 juin 1789 Ce matin là, les députés du Tiers ont été surpris de trouver la porte de la salle des Menus plaisirs fermée, présumant la volonté du Roi de dissoudre l'assemblée, les députés se réunissent suite à la proposition de Guillotin à la salle du Jeu de paume. Mounier propose alors de prêter le serment écrit par Target et lu par Bailly : De ne jamais se séparer et de se rassembler partout où les circonstances l'exigeront, jusqu'à ce que la constitution du royaume soit établie et affermie. Tous les représentants du Tiers signent le serment et scelle ainsi l'unité de l'Assemblée Nationale.

22 juin 1789 Réunion extraordinaire du Conseil du Roi : Malgré les conseils de Necker le Roi persiste dans son programme conservateur : inégalité devant l'impôt, maintien des privilèges de la noblesse, rétablissement du vote par ordre.

23 juin 1789 Nous ne quitterons nos places que par la force des baïonnettes ! lance Mirabeau dans la salle du Jeu de Paume devant la volonté du Roi de dissoudre l'assemblée et de déclarer nulles ses délibérations.

Début juillet 1789 Le Roi entoure Paris de trente mille hommes de Troupe en vue de rétablir l'autorité de la monarchie absolue et le 12 juillet il se sépare de ses conseillers libéraux dont Necker (Le seul à avoir conservé une partie de l'estime du Peuple) Erreur fatale ! Le Marquis de Sade emprisonné à la Bastille se fait remarquer par les passants qui se promènent devant le château en leur criant que dans ce château on égorge les prisonniers.

12 juillet 1789 -  Apprenant la nouvelle du renvoi de Necker, de la nomination de Breteuil, et de l'opposition du Roi à toute réforme du régime monarchique, le Peuple est en colère. A compter de ce jour, le soulèvement populaire embrase Paris et conduira le peuple le

14 juillet 1789 à La prise de la Bastille

Prise de la Bastille. Anonyme © Musée du Chateau de Versailles15 juillet 1789 Les électeurs de l'hôtel de ville se sont érigés en "commune de Paris", La Fayette et Bailly, en tête de la délégation de l'Assemblée nationale sont accueillis sous les cris de : Vive la nation et vive les députés ! La Fayette est nommé commandant général de la milice bourgeoise baptisée GARDE NATIONALE, Bailly est nommé prévôt des marchands.

16 juillet 1789 Les Parisiens démolissent la Bastille ainsi en a décidé l'assemblée des électeurs de Paris.

17 juillet 1789 Le Roi traverse Paris dans un climat hostile, le peuple est armé, il se rend à la Bastille pour constater la victoire des Parisiens. Arrivé à l'Hôtel de ville on lui remet une cocarde qu'il fixe à son chapeau. Ce geste est tout aussi humiliant pour la monarchie que les récents événements. La foule éclate de "Notre Roi, notre père ! ". Louis XVI effrayé ne saisit pas l'occasion de profiter de cette soudaine manifestation d'affection populaire.

29 juillet 1789 Sous la pression et comme seul recours ultime pour sauver la Monarchie, le Roi rappelle Necker.

Juillet 1789 Partout en France, la révolte s'installe mêlée d'espoir et de peur, des comités patriotes s'instaurent un peu partout et des milices bourgeoises sont constituées.

Nuit du 4 août 1789 Les privilèges sont abolis dans l'enthousiasme, l'Ancien Régime n'est plus. Les députés se sont rassemblés sous la présidence de Le Chapelier, l'ordre du jour devait être le rappel à l'ordre de tous les citoyens qui doivent continuer à payer leurs impôts et respecter les règles de propriétés… Le comte de Noailles (membre de la plus haute noblesse française) se lève après le premier discours et propose pour assurer la sécurité publique que l'on supprime en plus des privilèges fiscaux les droits féodaux contre le rachat des terres par les paysans ainsi que toutes les servitudes personnelles. Un autre député se lève, le duc d'Aiguillon, il approuve les propos de Noailles et propose : "d'établir cette égalité de droits qui doit exister entre tous les hommes". Les députés l'acclament. La séance devait s'arrêter là : on avait déjà reconnut le principe d'égalité fiscale, le rachat des droits pesant sur les biens, et l'abolition de certains droits féodaux. Le vote devait être fait quand : le marquis Foucauld Lardimalie fait une autre proposition : supprimer les avantages des courtisans de la cour qui bénéficient de fonctions inutiles et coûteuses pour l'Etat. L'assemblée redouble d'applaudissements… puis tout s'emballe c'est à celui qui renoncera au plus grand privilège : sacrifice du droit de chasse, rachat de la dîme et transformation en taxe, augmentation des revenus du bas clergé, égalité des peines, égalité d'accès aux emplois publics. Tous les privilèges de l'Ancien régime y passent, il n'en restera rien le lendemain matin. Cette nuit constitue l'avènement du principe de l'égalité entre tous les Français.

Du 20 au 26 août 1789 Adoption de la Déclaration des Droits de l'homme par l'Assemblée Nationale. L'homme a des droits ! C'est une idée neuve qui va bouleverser les mentalités (encore aujourd'hui)

2 octobre 1789 A Versailles lors d'une soirée organisée en l'honneur des gardes du corps du roi, les officiers quelque peu éméchés ont foulés au pied la cocarde. Ces soldats rêvent de voir restaurer l'ancien Régime. Dans Paris on soupçonne un complot aristocratique destiné à renverser l'assemblée nationale.

5 et 6 octobre 1789 Le Boulanger, la boulangère et le petit mitron
Devant le risque de disette de l'hiver suivant et les rumeurs de complots aristocratiques, les Parisiennes décident d'aller demander le Pain au Roi… Et c'est plusieurs milliers de femmes qui se rendent à Versailles. Arrivées sur les lieux elles envoient une délégation chez le Roi accompagnées de députés de l'assemblée. Suite à la réunion où le Roi domine par le prestige qu'il peut imposer à des femmes du peuple, il ne fait que des promesses…
Le lendemain matin c'est une attaque en règle qui est dirigée contre Versailles, les gardes sont massacrés et La Fayett
e arrive tout juste à calmer l'ardeur de la foule pour sauver le Roi, la Reine et le Dauphin. Ceux-ci sont contraints de se soumettre à la volonté des Parisiennes : quitter Versailles (lieu de tous les complots) et loger à Paris. Le Roi part donc pour Paris dans un carrossée précédé d'un cortège d'hommes portant des piques sur lesquels sont plantés les têtes des gardes royaux… A son passage les Français chantent : " Le boulanger, la boulangère et le petit mitron". Dorénavant le Roi devra loger aux Tulleries.

10 octobre 1789 le député Guillotin propose d'humaniser la peine de mort et de mettre fin aux exécutions par la potence, le carcan, la roue et l'écartèlement.

2 novembre 1789 La nation s'approprie les biens du clergé. Le domaine foncier de l'Eglise est estimé à dix milliards de livres et sa revente permettrait de renflouer les caisses de la Nation.

12 novembre 1789 L'assemblée décide que dans toutes les "communes" de France, il y aurait des conseils municipaux élus.

Décembre 1789 Marat rejoint le club des cordeliers présidé par Danton. Il accuse, dans son journal l'ami du peuple, Necker de "sacrifier le bonheur de la nation aux banquiers"
Pour tenter de résoudre le déficit financier, l'état émet des assignats portant un intérêt de 5
 % et gagés sur les biens de l'église…

14 juillet 1790 : fête de la Fédération

La fête de la Fédération sur le Champ-de-Mars. Charles Monet. 1790 © Bibliothèque nationale de FranceDepuis l'été 1789, partout dans les provinces françaises se sont créées des "fédérations" régionales de gardes nationaux. Une réaction à l'affaiblissement du pouvoir central. Afin de contrôler ce mouvement spontané, la Commune de Paris, sous l'impulsion de La Fayette, décide de fonder une grande Fédération nationale regroupant des représentants des fédérations locales et de les réunir à Paris le 14 juillet. La cérémonie est censée célébrer la prise de la Bastille, mais aussi apporter un semblant d'ordre et d'unité dans un pays en crise. Le jour dit, 14 000 soldats fédérés arrivent donc à Paris et défilent sous la bannière de leur département, de la Bastille jusqu'au Champ-de-Mars.

Sur une esplanade aménagée pour l'occasion, une grande messe est célébrée, à la suite de quoi le roi Louis XVI jure de maintenir "la Constitution décidée par l'Assemblée nationale". Les 400 000 Parisiens présents ce jour-là acclament leur souverain : la monarchie n'est donc pas remise en cause. L'aspiration à l'union nationale triomphe et la cérémonie se transforme en grande fête populaire. Mais la réconciliation nationale sera de courte durée. Deux ans plus tard, le roi est arrêté et condamné à mort.

La statue de la place de la République est inaugurée le 14 juillet 1880 © Sénat14 juillet 1880 : le 14 juillet devient fête nationale

Pendant près d'un siècle, la commémoration du 14 juillet est abandonnée. Elle réapparaît en 1880, sous la IIIe République. Le régime, pour se consolider, cherche à construire un nouvel imaginaire national, autour de symboles républicains. C'est ainsi que la Marseillaise devient hymne officiel, et le 14 juillet fête nationale. Mais la proposition qui émane du député de la Seine Benjamin Raspail n'est pas accueillie unanimement par l'Assemblée. Certains députés mettent en cause la violence du 14 juillet 1789. Et c'est finalement autour du 14 juillet 1790 que se fait le consensus.

En 1880, pour la première fête nationale, la République fait les choses en grand. Le ministre de l'Intérieur prescrit aux préfets de veiller à ce que cette journée "soit célébrée avec autant d'éclat que le comportent les ressources locales". Un défilé militaire est organisé sur l'hippodrome de Longchamp devant 300 000 spectateurs, en présence du Président Jules Ferry. Il s'agit de montrer le redressement de l'armée française après la défaite contre la Prusse en 1870. Ce défilé militaire, toujours en vigueur, s'inspire aussi du défilé des gardes fédérés de 1790.

Cette année là, on inaugure également le monument surmonté de la statue de la place de la République, et partout sont donnés concerts et feux d'artifices. "La colonne de Juillet" qui surplombe la place de la Bastille, elle, ne se réfère pas au 14 juillet 1789. Elle porte le nom des victimes des journées révolutionnaire de juillet 1830, les "Trois glorieuses".
- En 1886 : un femme, cantinière du 131e régiment d'infanterie, défile pour la première fois.
- En 1915 : le défilé militaire se déplace du Champs-de-Mars aux Champs-Elysées.
- En 1919 : c'est le défilé de la victoire qui réunit, sur les Champs-Elysées, les forces des pays alliés.
- En 1936 : après le défilé militaire, un million de personne défile à l'appel des organisations syndicales.
- De 1939 à 1945 : dans le Paris occupé, la journée n'est pas célébrée. Le 14 juillet 1940, à Londres, le général de Gaulle réitère ses appels à la résistance. En juillet 1945, on célèbre la Libération partout en France.

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